AU BOUT DE TOUT
L'Esprit des lieux
par Paul Villeneuve
Journal de Montréal
21-03-2007 | 15h35
L’Esprit des lieux nous entraîne au bout des routes, des rangs des villages de Charlevoix et même au boute de toute. En fait, le film nous permet de voyager dans le temps, en partant de 1970, et dans Charlevoix, à partir de Saint-Hilarion.
En 1970, le photographe québécois d’origine hongroise Gabor Szilazi sillonna les routes de Charlevoix et photographia, à travers champs et dans différents villages, ce qui allait devenir les derniers vestiges d’un monde rural en transformation ou, plutôt, en voie de disparition.
Trente-cinq ans plus tard, la cinéaste Catherine Martin a suivi le même parcours que le photographe.
C’est fou ce qu’il a pu s’en passer des choses en 35 ans! Des gens sont disparus, ceux qui restent se souviennent.
Certaines traditions n’ont pas résisté à la modernité; certaines terres ancestrales ont été vendues. Et, qui plus est, la populaire boîte à chansons Le boute de toute, du même village, a depuis longtemps fermé ses portes.
Un héritage
Bref, le documentaire présente des témoignages parfois amusants, parfois touchants, comme celui de M. Lajoie qui visite la terre ancestrale où il est né, où il a grandi auprès de ses seize frères et soeurs, de ses grands-parents et de ses parents, et que l’un de ses frères, qui en a hérité, a vendue pour la modique somme de 125 000 $. «Ya tout mangé ça», dit cet homme avec une profonde tristesse.
L’Esprit des lieux nous entraîne donc, en passant de plus par Baie-Saint-Paul, Les Éboulements et l’Île aux Coudres, dans un rapport de temps et de lieux qui se révèle un héritage, celui-là durable.
Présenté au Cinéma Parallèle (Ex-Centris), L’Esprit des lieux est produit par Claude Cartier et Monique Simard, des Productions Virage. La direction photo est de Carlos Ferrand et lamusique originale, deRobert Marcel Lepage.