NOTRE CRITIQUEPrémonition -Vu et commenté par Antoine Godin 19-03-2007 | 18h57
L’idée du film n’est pas mauvaise. Plutôt que de dévoiler la prémonition au spectateur par un rêve qui serait suivi de l’action, le rêve (la prémonition) et l’action s’entremêlent pour ne former qu’une réalité selon la technique éprouvée du rêve dans le rêve. Après un début tout en lenteur qui s’attarde trop à nous montrer le «choc» de l’épouse Linda Hanson (Sandra Bullock), prémonition et réel s’imbriquent rapidement l’une dans l’autre pour nous immerger dans une nouvelle réalité instable et imprévisible où, par sa seule conscience indemne, Linda comme le public cherchent à saisir des repères qui leur permettront de donner un sens aux événements. La tension créée par ce procédé se voit malheureusement désamorcée par le fatras de réalités mal départagées et d’événements irrésolus et surtout, surtout, évacuée par le principe rebattu autour duquel s'articule cet incident. En effet, si certaines questions essentielles sont soulevées telles que : «peut-on changer le cours des événements», «laisser mourir une personne revient-il au même que de la tuer» et «doit-on considérer l’intention de tromper une personne au même titre que l’action elle-même», le propos du film est plutôt réduit à la question très banale de : «la femme pardonnera-t-elle à son mari d’avoir voulu la tromper»?. Prémonition
Dérapant vers le thriller-soap, Prémonition ne parvient pas à dépasser – avec quelques remaniements, on aurait aussi bien pu utiliser le verbe «s’écraser» - le stade de la psychologie familiale facile et réconfortante. L’amour est-il possible après tant d’années de mariage, peut-on sauver un couple, l’espoir et le pardon ont-ils leur place, etc. Entre un superbe procédé malmené et une morale fade, entre le thriller, le suspense et le drame familial mal ficelé, à vouloir sauver la chèvre et le chou, le scénariste a bel et bien tout perdu, y compris notre intérêt. |