NOTRE CRITIQUEAzur et AsmarVu et commenté par Antoine Godin 02-03-2007 | 16h54
Le réalisateur continue d’exploiter le filon des légendes et, après avoir exploré l’esprit des fables africaines, il s’intéresse cette fois aux contes occidentaux, nord-africains et perses. C’est dans la plus pure tradition des contes des Mille et une nuits que s’inscrit ce film d’Ocelot. Azur et Asmar reprend le thème de la quête de Kirikou et la sorcière, sans toutefois en itérer l’originalité qui avait si agréablement surpris et charmé le public. Il replonge également dans l’univers des grands du deuxième film, celui des princes et des princesses. Ocelot actualise à sa façon ce mariage de contes traditionnels, car les «frères» Azur et Asmar devront apprendre à développer une tolérance mutuelle empreinte de modernisme au cours de la saga, étant de races et de cultures différentes mais concourant au même objectif : délivrer la fée des Djins. Plutôt que de se donner un genre jeune, cool, branché et comique comme dans Shrek ou Arthur et les Minimoys, Ocelot va dans le sens opposé en choisissant d’assumer pleinement le côté édifiant des contes et des légendes, sans jamais ironiser sur le sujet. Mais s’il est louable de prôner avec sérieux altruisme, modestie, courtoisie, bienséance, courage, persévérance et autres vertus, la manière de le rendre par un style déclamatoire et cérémonieux devient cependant agaçante avec des phrases trop souvent pompeuses et emphatiques. Azur et Asmar
Le personnage de Crapoux – personnifié par la voix de Patrick Timsit – et celui de la princesse chamsous sabah s’intercalent heureusement au récit en apportant une agréable touche d’humour, allégeant ainsi un peu cette lourde mise en scène. La signature d’Ocelot frappe dès les premières images du film. Rappelant à maints égards les enluminures du Moyen Âge, les images riches en couleurs, les textures palpables, la netteté des linéaments, l’abondance et la complexité des motifs ainsi que l’originalité des dessins - plus près du 2D - se distinguent aisément de tous les autres genres misant principalement sur le 3D. De l’hirsute lion flamboyant au majestueux Saïmourh enluminé, une seule image suffit pour identifier le style d’Ocelot. Si on peut reprocher au film une histoire solennelle, naïve et guindée ainsi qu’une fin à l’eau de rose, il faut souligner la beauté exceptionnelle de l’univers graphique unique qui vaut à lui seul le détour. |