NOTRE CRITIQUEAmu, un massacre révoltant-Vu et commenté par Antoine Godin 26-02-2007 | 09h01
La réalisatrice du film Amu, Shonali Bose, elle, le sait depuis longtemps. Étudiante à Delhi à l’époque de l’assassinat et du massacre, elle a même travaillé dans un camp d’aide aux victimes tel qu’on en voit dans le film. Elle revient donc plus d’une vingtaine d’années après pour dénoncer par le cinéma ce tragique événement politique. Amu raconte l’histoire de Kaju, une jeune américaine d’origine indienne qui retourne en Inde pour y visiter sa famille et découvrir les lieux de sa petite enfance. Elle perce peu à peu le terrible secret entourant ses mystérieuses origines. Par des témoignages qu’elle réussit à soutirer à son entourage et par une série de retours en arrière, on finit par comprendre l’événement au fur et à mesure des souvenirs recollés de Kaju. Celle-ci vit une double injustice puisqu’on lui a caché une partie importante d’un passé irrésolu. En effet, même si la collaboration des autorités à ce massacre apparaît évidente à la lumière des témoignages recueillis, personne n’a été retenu coupable de ces meurtres, faute de preuves. Amu
Les acteurs font leur travail, la mise en scène est convenue, les dialogues sont corrects, parfois drôles et parfois simplistes, mais la force du film, à la fois morale et psychologique, tient surtout du propos et de certaines scènes qui ne sauraient laisser indifférent. Difficile d’oublier, par exemple, ce policier blasé qui consulte sa montre alors qu’une femme le supplie de faire quelque chose contre la horde d’assassins sévissant à quelques mètres de là. Les retours sur les images ou les sons partiels faisant sporadiquement surface de l’inconscient de Kaju apportent une touche d’originalité à la mise en scène et nourrissent bien le mystère en même temps qu’ils nous mettent la puce à l’oreille. Shonali Bose nous propose un premier film honnête qui nous ouvre au Québec une petite fenêtre sur l’histoire récente et la culture de l’Inde. |
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