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Notre critique - The Messengers (Les Messagers)
Cote de Canoë
2.5/5

NOTRE CRITIQUE

The Messengers (Les Messagers)

Vu et commenté par Martin Morin
04-02-2007 | 13h32
Le thriller d’horreur est décidément bien mal servi de ce côté-ci du Pacifique. À tel point que les meilleurs réalisateurs du genre – pensez Japon et Hong Kong – se donnent la peine de dépenser leurs Air Miles pour se rendre chez l’Oncle Sam y réaliser leurs versions savamment américanisées de leurs propres films (Hideo Nakata pour The Ring 2 et 3, Takashi Shimizu pour The Grudge 1,2,3).

Ce sont les frères Pang, cinéastes hongkongais de renom à qui l’on doit les séries The Eye (Gin Gwai) et Infernal Affairs (Mou gaan dou) – dont le scénario original a été repris par un certain Martin Scorsese qui en a tiré The Departed - qui y vont de leur premiers tours de manivelle en sol américain. Mais tout le talent du monde ne peut transformer une graine desséchée en orangeraie. Le scénario d’une originalité sans borne de Todd Farmer fait bien piètre figure au royaume des films à la sauce fantômes. Qui est Todd Farmer? Vous rappelez vous de Jason X? Moi non plus. Le récit était de lui.

Dans The Messengers, une jeune famille citadine décide de résoudre certains déboires familiaux en s’exilant volontairement dans une ferme abandonnée et d’y faire pousser des tournesols. Mais – surprise! - la maison craque de partout. Nous ne sommes pas seuls! Corbeaux, esprits malveillants, flashbacks noirs et blancs nous rappellent que cette ferme n’est pas saine. Il s’y est commis d’horribles exactions autrefois.

Qu’est-ce que les esprits veulent bien nous dire? Pourquoi s’en prennent-ils particulièrement au jeune fils, le seul à les voir? Pourquoi une famille qui tente de ressouder ses liens à la suite d’une tragédie familiale (presque passée sous silence) accepte-t-elle d’accueillir en ses terres un pur étranger qui vient leur offrir son aide pour labourer la terre? Pourquoi cette étrange impression d’avoir déjà vu ce film dix-sept fois auparavant?

Difficile de ne pas livrer d’autres éléments du film sans dévoiler le «punch»; vous le verrez d’ailleurs venir avant que les publicités précédant la projection du film ne soit terminées. Songez à un hybride Poltergeist-Grudge.

Visuellement parlant, les frères Pang ont fait un travail adéquat, sans plus. Les déplacements saccadés et torturés des fantômes rappellent trop ceux de Samara Morgan (The Ring). Les éléments du scénario ne cessent de nous rappeler l’œuvre de Takashi Shimizu, et ceux qui ont vu American Haunting vivront cette impression de déjà-vu dans la seconde moitié du film.

La distribution du film s’en tire tout de même honorablement, et même si l’aspect psychologique des personnages est survolé sommairement – les réalisateurs ne perdant aucune seconde pour nous plonger dans l’univers morbide de la ferme – on se tient quand même loin des clichés usuels du genre. Pas de jeune adolescente qui hurle et qui se terre dans un coin, pas de voisin louche rôdant la nuit.

The Messengers, c’est le cas de le dire, nous livrent un produit comestible déjà longuement mâchouillé, dont la déglutition s’avère difficile. À prendre avec un grand verre d’eau.