NEW YORKRad Hourani: cinq ans de vêtements unisexesMarie-Joëlle Parent 20-02-2012 | 04h02
NEW YORK – Cinq ans après avoir lancé sa collection de vêtements, le designer québécois Rad Hourani fait son entrée dans le club très sélect de la haute couture parisienne. Il est le premier Canadien à recevoir une telle invitation. «J'ai commencé de vraiment rien, seul dans mon petit appartement avec un calepin et des idées», se souvient Rad Hourani, âgé de 29 ans. J'ai rencontré le Montréalais à quelques jours de son défilé de la Semaine de mode de New York, qui a eu lieu mardi dernier. Entouré de son équipe dans un atelier du Fashion District, il auditionnait les mannequins pour son défilé. Hourani est dans une classe à part dans le milieu de la mode. Il crée des collections androgynes et intemporelles d'une beauté minimaliste. Il ne suit pas le cycle des saisons comme les autres designers, ses collections portent plutôt des numéros. Ses vêtements sont réversibles et transformables, et il aborde la mode avec un oeil d'architecte. Bref, Rad est l'ultime anticonformiste dans un monde dicté par les tendances, un concept qu'il abhorre. Rad est né en Jordanie (sa mère est syrienne). Étonnamment, il n'a pas fait d'études en mode. Après son secondaire à Montréal, il a travaillé à la boutique Bedo du boulevard Saint-Laurent avant de devenir chercheur de têtes pour l'agence de mannequins Next. De fil en aiguille, il est devenu styliste pour des séances photo. Puis, il est déménagé à Paris et c'est là que tout a commencé. «C'est là que je me suis mis à dessiner les vêtements que j'aimerais porter. J'ai analysé ce que j'aimais et ce que je n'aimais pas, comme les boutons, il n'y en a jamais dans mes créations. J'ai tout mis en place à ce moment, sans penser que j'en serais là aujourd'hui», a-t-il raconté en affichant un calme déconcertant. C'est d'ailleurs ce qui surprend le plus quand on le rencontre. Surtout dans le milieu de la mode, un monde normalement peuplé de tyrans. Les vêtements sont produits à Montréal, dans son atelier de production du Mile-End. Il a un «show room» permanent dans le 20e arrondissement de Paris et espère avoir bientôt un studio à New York pour son autre collection de prêt-à-porter, Rad by Rad. Il vend aujourd'hui dans 30 pays à travers le monde. Quand il va en Corée, des admirateurs l'attendent à la sortie pour avoir un autographe. Rares sont les créateurs québécois et canadiens qui ont réussi à l'étranger. Pour ajouter au conte de fées, Rad a appris récemment que la Chambre syndicale de la haute couture française l'invitait à présenter sa collection le 5 juillet durant la Semaine de la haute couture à Paris. «C'est une reconnaissance énorme, je n'aurais jamais osé dire que je faisais de la haute couture.» Il y a encore des tas de papiers à remplir, mais s'il présente pendant quatre ans et se conforme aux règles, il pourrait très bien devenir un membre officiel aux côtés de maisons renommées comme Dior, Chanel, Givenchy, Armani et Jean Paul Gaultier. Pour célébrer le cinquième anniversaire de sa marque, des expositions sont prévues à Londres et à Hong Kong. Artiste multidisciplinaire, Rad touche aussi à la photo et à la vidéo. Il prépare également un livre grand format des moments marquants de sa jeune carrière. Son défilé clôturera la Semaine de mode de Toronto le 16 mars prochain, question de montrer qu'il n'oublie pas ses racines. Pour voir des photos de Rad en studio, visitez mon blogue: http://blogues.journaldemontreal.com/mjny
2) Une fin tristeLa Semaine de mode de New York s'est terminée vendredi sur une triste note. Zelda Kaplan, 95 ans, une «socialiste» très aimée du milieu de la mode est morte durant le défilé de Joanna Mastroianni. Elle s'est écroulée subitement dans la première rangée. Des gardes de sécurité l'ont transportée à l'extérieur alors que les mannequins continuaient à défiler sans broncher, repoussant ainsi les limites de l'expression: «The show must go on». Kaplan était reconnue pour ses tenues colorées et extravagantes et pour son énergie légendaire. Elle sortait encore dans les boîtes de nuit jusqu'aux petites heures du matin pour danser. Quelques minutes avant sa mort, elle posait encore pour les photographes. Sur une note plus légère, j'ai assisté mercredi au défilé de Michael Kors, qui est probablement un des plus courus de la semaine. Dans la première rangée, j'ai aperçu Jessica Alba, Debra Messing, Anjelica Huston, Katie Couric, Patti Hansen et Anna Wintour, bien sûr. J'ai rencontré le designer la veille de son défilé dans ses bureaux près de Bryant Park. Il est arrivé dans la salle de démonstration portant un simple t-shirt noir, en s'excusant pour les cernes sous ses yeux. «C'est la vraie vie, vous me voyez sans maquillage! Avant les défilés, on ne dort pas beaucoup». Son inspiration pour cette collection a été les années 1930 et les couples mythiques comme Carole Lombard et Clark Gable, John F. Kennedy Junior et Carolyn Bessette. La Semaine de mode de New York existe depuis 1943 et, chaque saison, près de 100 000 personnes et 4000 journalistes assistent aux défilés. Les retombées économiques pour la ville sont estimées à 733 millions $ et l'industrie emploie près de 173 000 personnes. Pour voir mon album de mode de rue, visitez mon blogue.
3) Marie-Joëlle recommande: voici quelques trucs pour assister à l'enregistrement d'émissions à New York.
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