CARNEGIE HALLJay-Z ne laisse personne indifférentMarie-Joëlle Parent - Agence QMI 07-02-2012 | 11h18
NEW YORK – Qui aurait cru qu'une vedette du hip-hop ayant grandi dans les HLM de Brooklyn se produirait un jour à Carnegie Hall, temple de l'élitisme new-yorkais? C'est bel et bien arrivé lundi soir. Soutenu par les magnifiques projections vidéo de l'entreprise montréalaise Moment Factory, Jay-Z a conquis cette scène renommée comme si c'était un trône qui lui appartenait déjà. En ce Mois de l'histoire des Noirs, les deux concerts de Jay-Z à Carnegie Hall, une salle de musique classique normalement fréquentée par la bourgeoisie new-yorkaise, sont encore plus symboliques. «Toutes ces lignes qui nous séparent, nous allons les piétiner», a dit Jay-Z dans son veston blanc Tom Ford orné d'une broche Cartier, avant d'entonner la très appropriée PSA. Le ton était donné. La foule était un heureux mélange de casquettes des Yankees et de noeuds papillons, la rencontre entre Bedford-Stuyvesant et l'Upper East Side. Ce n'est pas la première fois qu'un artiste hip-hop monte sur les planches de Carnegie Hall. Lauryn Hill, Wyclef Jean et Mos Def l'ont fait dans le passé, mais pas comme tête d'affiche durant deux soirs à guichets fermés. Plus de 2800 personnes se sont ruées sur les billets vendus entre 150 $ et 2500 $ US. À l'entrée du théâtre, certains revendeurs demandaient près de 1000 $. Ce spectacle unique visait à amasser des fonds pour la Shawn Carter Scholarship Foundation, dont la mère de Jay-Z, Gloria, est présidente. Plusieurs vedettes sportives étaient présentes et Liza Minelli a fait son entrée dans la salle en saluant un public aussi bruyant qu'à Madison Square Garden. Beyoncé a profité du concert pour faire sa première apparition après avoir donné naissance il y a un mois. Elle portait une robe rouge, mais s'est faite discrète. Jay-Z a tout de même glissé un mot au sujet de leur petite fille. «Lever les mains pour Blue», a-t-il dit avant la chanson Glory, écrite pour Blue Ivy, dont les premières photos officielles se font toujours attendre depuis sa naissance, le 7 janvier. «Je ne pensais pas me rendre à la fin de la chanson», a-t-il dit en contenant à peine ses émotions. Entre deux pièces, Jay-Z a bu du thé, en offrant même aux spectateurs de la première rangée. Aucun doute, il est maintenant papa. Jay-Z était entouré d'un orchestre de 36 musiciens et du Illadelphonics, un ensemble dirigé par Questlove de The Roots. Il a été rejoint sur scène par Alicia Keys pour la chanson Empire State of Mind pendant que défilaient en fond de scène des images aériennes de New York en noir et blanc. Le rappeur Nas était l'autre invité. Ils ont offert N.Y. State of Mind et If I Ruled the World. Depuis la naissance de sa fille, Jay-Z a promis qu'il ne dirait plus le mot «bitch» dans ses chansons. Lundi soir, il a laissé à la foule le soin de le faire durant 99 Problems.
Autre bout coup de Moment FactoryPendant le spectacle, les membres de l'équipe de Moment Factory, tous habillés en noir, ont observé le spectacle depuis le balcon faisant face à la scène, à côté de leurs huit énormes projecteurs. Ils ont réussi à marier les deux univers avec des projections de photos de New York et de tableaux d'Andy Warhol. Moment Factory, rappelons-le, participait au spectacle de la mi-temps du Super Bowl 46, dimanche, à Indianapolis, réalisant le visuel multimédia de la prestation de Madonna. Jay-Z a terminé le spectacle en faisant irruption au balcon côté jardin à la grande surprise des spectateurs en veston cravate. Perché sur une chaise, il a conclu avec Dead Presidents et Money Ain't a Thang, la main sur l'épaule d'un homme en chemise blanche. Voilà un concert que ce dernier n'oubliera pas de si tôt. Pour voir les projections de Moment Factory, photos et vidéos du concert, visitez mon blogue (http://blogues.journaldemontreal.com/mjny/actualites/jay-z-et-moment-factory-a-carnegie). |