Michèle Lemieux
Agence QMI

Fier de ses racines italiennes: Nicola Ciccone, un bel héritage familial

Fier de ses racines italiennes: Nicola Ciccone, un bel héritage familial

Photo Agence QMI, Dario Ayala

 Michèle Lemieux

Fils d'immigrants italiens, Nicola Ciccone a beaucoup reçu de ses parents: son ouverture sur le monde, son sens des valeurs, sa grande passion pour les langues et son indéniable attachement à la famille.

Nous avons rencontré l'auteur-compositeur-interprète qui sort un nouvel album intitulé «Les immortelles».

Nicola, en tant que fils d'immigrants italiens, considérez-vous avoir reçu un bel héritage de vos parents?

L'héritage de mes parents est énorme. Grâce à eux, je parle plusieurs langues: le français, l'anglais, l'italien. J'aime les langues et je voyage beaucoup. À 20 ans, j'ai appris l'espagnol. L'année dernière, je suis allé en Russie et j'ai appris environ 500 mots en russe. Lorsque je suis allé au Brésil, je me suis intéressé au portugais. Cet intérêt me vient de l'ouverture de mes parents: la différence ne me fait pas peur et je ne crains pas ces univers. Mes parents ont travaillé de leurs mains toute leur vie. Avant de faire mon métier, j'ai fait plusieurs jobs impossibles. J'ai été livreur à bicyclette dans une épicerie, j'ai vendu des fleurs, j'ai fait le ménage dans des restaurants, j'ai aussi été placier et caissier. Je savais ce que c'était que de travailler avec les gens. Encore aujourd'hui, j'aime rencontrer le public après les spectacles. J'aime les gens. Ça me vient de mes parents. Ça fait partie des valeurs qu'ils m'ont transmises.

Vous disiez précédemment voyager beaucoup. Quelles sont vos motivations?

Voyager est une passion. Ça me permet d'apprendre et c'est plus agréable qu'aller à l'école! J'aime voyager dans des endroits déconseillés. Lorsque j'ai annoncé que je partais à Moscou, puis à Rio, on me l'a vivement déconseillé. Certains de mes amis ne trouvaient pas que c'était une bonne idée. Moi, j'adore ça. Voyager me sort de ma zone de confort, et ça me donne envie d'écrire. Lorsque je visite un pays, je ne m'intéresse pas nécessairement aux monuments. J'aime rencontrer les gens. Ce sont eux qui m'inspirent. Lorsque je visite une ville, j'aime y courir un marathon. Il n'y a rien de tel pour connaître les citoyens d'une ville que de souffrir et de transpirer avec eux pendant trois heures! (rires) On se fait des amis, on tisse des liens.

Qu'est-ce qui vous pousse à vouloir vous dépasser ainsi?

Quand on court un marathon ou un demi-marathon, on ne peut pas penser au 21e kilomètre, il faut se concentrer sur l'instant présent, un pas à la fois. C'est l'enjeu est plus mental que physique. Ça me permet de faire du ménage dans ma tête. Je ne suis pas le meilleur, mais les gens qui courent m'inspirent de par leur détermination. Ils sont sains, notamment au niveau de leur alimentation. Ça m'apporte une certaine discipline.

Pour moi qui adore faire la fête, me coucher tard, boire de l'alcool et profiter de tous les plaisirs de la vie, c'est bon de me tenir avec eux. Ils m'aident à rester dans une zone positive.

Vous êtes dans la quarantaine. Comment entrevoyez-vous cette décennie?

Sincèrement, je trouve que les chiffres sont inutiles. Dans mon coeur, j'ai 16 ans. Je suis encore capable d'être naïf, émerveillé, d'avoir des palpitations. Je ne veux pas être raisonnable! Sur le plan cartésien, au niveau des affaires, j'espère que j'ai 55 ans et que je fais preuve de maturité! Sur le plan physique, je sais bien que je n'ai pas 21 ans, mais je suis plus en forme qu'à 27 ans. Tout ça, c'est arbitraire. Lorsque je rencontre une fille et qu'elle me demande mon âge, je réponds que j'ai 100 ans! (rires)

Puisque la quarantaine marque la mi-temps de la vie, ressentez-vous une certaine urgence de vivre?

Lorsque j'ai eu 40 ans, j'ai ressenti cette urgence. Mon père est décédé à 86 ans. J'ai compris que si je commençais à me trouver vieux, j'allais passer la moitié de ma vie à l'être. À 40 ans, si tu es positif, ça t'amène à faire des choix plus intelligents: mieux t'alimenter, mieux gérer ton temps. Je suis un passionné. J'aimerais pouvoir rester debout 24 heures sur 24, mais ce n'est pas possible.

Qui dit quarantaine dit aussi famille. Songez-vous à avoir des enfants?

J'adore les enfants! Mes parents ont toujours eu l'esprit de famille et je l'ai aussi. J'adorerais avoir un enfant, une famille, mais on joue avec les cartes que la vie nous donne. On fait du mieux qu'on peut avec ce qui nous est attribué. Si cela m'arrivait, je serais très heureux. Je crois qu'aujourd'hui, je suis plus prêt qu'il y a 10 ans. Je sais plein de choses sur moi et sur la vie. Je crois qu'on peut passer toute sa vie avec la même fille.

Je crois à l'amour à long terme, aux valeurs familiales. Je suis vieux jeu et je trouve ça cool de l'être.

Vos racines italiennes font-elles de vous un homme très proche de sa famille et de ses amis?

J'ai des amis qui ne sont pas de mon sang, mais ils sont mes frères et soeurs. Je m'occupe d'eux et ils s'occupent de moi, comme si nous étions de la même famille. Je suis très proche de mon oncle, le frère de mon père. Ils ont vécu des choses tellement difficiles ensemble! En 1980, ce n'était pas «in» d'être italien. Ça tisse des liens. Je suis très loyal envers mes amis. J'ai les mêmes depuis l'adolescence. Nous ne sommes pas parfaits, mais comme dans une famille, nous nous endurons. Je suis toujours proche de ma mère. Je ne saurais pas vivre autrement. Ma mère m'appelle encore pour me rappeler de ne pas oublier de mettre ma tuque avant de sortir... Lorsque j'étais plus jeune, ça me fatiguait. Aujourd'hui, ça me fatigue toujours, mais je comprends plus... L'intention est belle. Avec mon père, c'était différent. Les hommes italiens sont fiers. Mon père et moi, nous ne nous parlions pas beaucoup, mais je savais qu'il suivait ce que je faisais.

Ces jours-ci, vous nous présentez votre dernier album, «Les immortelles». Que contient-il?

C'est un album qui rassemble 12 chansons françaises et québécoises qui ont été importantes pour moi. J'avais envie de faire un album qui allait rassembler les textes de ceux qui m'avaient donné le goût de chanter en français. J'ai choisi 12 coups de coeur, mais j'aurais pu en choisir 30! J'ai sélectionné celles qui m'habitaient le plus. Plusieurs d'entre elles m'ont touché à différentes périodes de ma vie, «C'est beau la vie» de Jean Ferrat, notamment. J'aime les mots de cette chanson, tout comme «On fait tous du

Showbusiness» de Luc Plamondon, «Doux chagrin» de Gilles Vigneault, «Ne me quitte pas» de Jacques Brel et «L'essentiel» de Ginette Reno.

Nos remerciements au Restaurant Roberto où ces photos ont été prises.



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