Patrick Delisle-Crevier
Agence QMI

«Ç'a été difficile de laisser partir une partie de ma vie»

«Ç'a été difficile de laisser partir une partie de ma vie»

Photo Le Journal de Montréal, Ben Pelosse

Patrick Delisle-Crevier

MONTRÉAL - La grande dame a récemment légué toutes ses archives personnelles à la Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ). Nous l'avons rencontrée afin de parler de ce geste généreux et de ses projets.

Janette, pourquoi avez-vous décidé de léguer vos archives et une grande partie de vos souvenirs?

Parce que j'ai 92 ans et que je voulais le faire pendant que je suis vivante. Ç'a été difficile de laisser partir une partie de ma vie, mais j'aime l'idée de partager ces souvenirs avec les gens, de les transmettre aux plus jeunes. Plusieurs documents sont désormais à leur disposition.

Que retrouve-t-on dans ces archives?

Toute ma vie! J'ai même légué une photo de moi à trois ans alors que je suis assise sur la voiture Ford à pédales de mon père. Il y a aussi des documents des premiers temps de la télévision, des coupures de journaux de l'époque où je tenais un courrier du coeur ainsi que des scénarios et des photos de «Quelle famille!», de «Grand-papa», d'«Avec un grand A»...

Quel constat ce ménage vous a-t-il permis de faire?

J'ai toujours pensé que j'étais laide et grosse, mais en voyant des photos de moi à 25 ans, j'ai réalisé que j'étais assez pétard! Je me demande pourquoi je ne l'ai pas vu avant... Avoir su, je ne me serais pas fait autant de mal!

Y a-t-il des choses dont vous avez été incapable de vous défaire?

Non; j'ai été capable de tout donner! J'ai seulement conservé quelques photos personnelles. J'ai fait des copies avant de léguer les photos originales.

Avez-vous d'autres projets?

Oui, je n'accroche pas mes patins; je compte encore faire de belles choses! Je travaille en ce moment sur l'écriture d'un roman-choc qui sortira cet automne. Ensuite, je vais plancher sur un autre projet, un essai, qui traitera d'un sujet qui me tient vraiment à coeur. Mais je dois faire vite...

Pourquoi ce sentiment d'urgence?

Parce que je suis vieille. Je suis chanceuse: j'ai eu une très belle vie et une famille extraordinaire. J'aime ma vie, je ne veux pas la quitter, mais elle va me quitter. C'est comme ça... J'espère que ce sera le plus tard possible, mais je suis quand même consciente qu'il me reste peu de temps.



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