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Eliane Gagnon s'ouvre sur son passé de polytoxicomane

Dans le cadre de la fin de la campagne «28 jours sans alcool» de la Fondation Jean Lapointe, la comédienne Eliane Gagnon s'est ouverte sur son dur passé de consommatrice de drogues et d'alcool en entrevue avec Denis Lévesque, lundi.

La jeune actrice de 31 ans, qui a notamment interprété le rôle de Kim dans Ramdam, termine sa première année complète de sobriété.

«J'avais envie de partager ça au public, parce que ça a été 20 années de consommation qui m'ont amenée ici aujourd'hui, raconte-t-elle. Je suis super contente de ça, mais je pense que ça peut avoir un impact positif chez les jeunes.»

Lorsqu'elle a commencé à jouer dans la populaire série pour adolescents en 2004, elle avait 19 ans. Elle raconte qu'il a été très difficile pour elle de composer avec cette popularité soudaine.

«On m'interpellait dans le métro, dans les bars, partout. Oui, j'avais de la misère à gérer ça, parce que je ne m'aimais pas. J'avais de la misère à accepter l'amour du public parce que, moi-même, je ne savais pas... je n'étais pas bien.»

Elle s'est notamment mise à consommer de la kétamine, un analgésique et sédatif utilisé en médecine vétérinaire.

«C'est une anecdote que j'ai racontée parce que ça me trouble aujourd'hui, soutient-elle. C'est un anesthésiant à chevaux. On m'en a offert, j'en ai trop pris et je me suis ramassée dans une entrée de bar. C'est ça. Mais j'ai consommé plein d'affaires. Je suis une polytoxicomane. J'ai commencé avec du pot, mais j'ai tout essayé. Mescaline, mush... toutes les drogues qui existaient, je les ai prises. Toute jeune. Je m'entends dire ça et je me dis: c'est donc bien intense! C'est ça. Quand on est jeune, on pense que... C'est accessible, mais plus tu commences jeune, plus les risques de dépendance sont là.»

Malgré la poursuite de sa carrière, la jeune actrice a continué à consommer de façon régulière et a subi plusieurs pertes de conscience et de mémoire dues à sa consommation. C'est toutefois à la suite d'un accident qui aurait pu avoir de très graves conséquences qu'elle a été amenée à faire une sérieuse prise de conscience.

«J'étais sur la dérape, vraiment. J'ai fait ça pendant 10 ans et vraiment, j'étais dans un déni, raconte-t-elle. Moi, en m'en allant à Los Angeles, j'ai acheté une Mazda Protegé dans l'Ouest canadien. Je suis partie rencontrer des amis à Portland pour un "show" et j'ai fait un "blackout" (au volant). Je ne suis pas morte, je n'ai pas tué personne. Je ne me suis même pas éveillée à ce moment-là. Je me rappelle, j'ai pris un selfie en "hangover" et je l'ai posté! Je me suis dit ensuite: "Je ne peux pas poster ça! Qu'est-ce que c'est ça?!" Je me suis rendue à Los Angeles, une femme que je ne connaissais pas beaucoup m'a accueillie, je n'avais pas d'endroit où aller. Cette femme-là ne consommait pas depuis 10 ans.»

Après une thérapie qui n'a pas fonctionné, elle est finalement entrée à la Maison Jean Lapointe où elle a commencé à s'impliquer.

«Moi, dans le fond, j'ai toujours aimé la Fondation Jean Lapointe, la Maison, enchaîne Éliane Gagnon. Puis, naturellement, j'ai un projet qui s'appelle le Sober Lab, qui rassemble des dépendants. C'est un espace de création sobre que je suis en train de créer avec ma "partner", Josiane Vallières. On a fait des vidéos pour le défi. On a fait des petites vidéos "cute", les filles ont vraiment tripé sur notre initiative et on a commencé à collaborer. Je suis devenue naturellement une ambassadrice.»

Aujourd'hui, Eliane Gagnon lance un message aux jeunes et aux personnes qui souffrent d'une dépendance à l'alcool ou aux drogues. «En fait, je veux dire que la sobriété, c'est le fun, conclut-elle. C'est un mode de vie qui est terrifiant, de sentir ses émotions, c'est quelque chose, mais c'est la plus belle chose qui existe d'avoir accès à sa nature profonde sans se geler la face. Je vous encourage tous à donner pour le défi 28 jours et à explorer la sobriété.»



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