Yan Lauzon
Agence QMI

Violence sexuelle: le cri du cœur de Marie-Claude Barrette

Yan Lauzon

L'animatrice Marie-Claude Barrette a lancé un cri du cœur, jeudi, pour venir en aide aux victimes d'agression sexuelle.

La nouvelle porte-parole La Traversée souhaite qu'on réduise et, ultimement, enraye le temps d'attente de cet organisme sans but lucratif (OSBL) qui soutient les femmes, les enfants et les adolescents dans le besoin en Montérégie en offrant des thérapies.

«Le drame à La Traversée, c'est qu'on ne répond pas à toutes les demandes, a précisé Marie-Claude Barrette en conférence de presse. Si on encourage la dénonciation, il faut quelqu'un pour être avec les victimes, pour les aider. On ne peut pas juste dénoncer. Ce n'est pas vrai qu'en dénonçant, on est guéri.»

Pour les trois prochaines années, La Traversée - qui emploie six psychothérapeutes - demande donc l'aide des entreprises privées afin d'obtenir 500 000 $ dans le but de répondre aux nombreux appels et doubler l'équipe de ses professionnels.

La situation actuelle est jugée «intenable» par l'OSBL qui compte près de 50 dossiers de femmes en attente, ainsi que quelque 30 autres d'enfants et d'adolescents.

Longue attente

«Cela se traduit par une attente de plus de huit mois pour les femmes et de six mois pour les enfants et adolescents avant de démarrer une thérapie, a expliqué Pierre Ménard, directeur général de La Traversée. Notre objectif est de diminuer nos délais de moitié en clinique adulte et les réduire à un mois en clinique enfance.»

Marie-Karina Dimitri, ex-patiente de la Traversée, abonde en ce sens: «Ce qui est important, c'est d'avoir une offre de service rapide et qui, surtout, va être efficace.» Elle croit qu'«il faut des interventions spécifiques pour rapidement minimiser les impacts dévastateurs que des gestes peuvent avoir sur des victimes».

C'est grâce à cet OSBL que sa vie s'est améliorée. «C'est là, pour la première fois de ma vie, qu'on m'a crue, qu'on a validé ma souffrance. Que ce que j'avais vécu c'était horrible et que dans les circonstances, c'était absolument normal que je me sente tout croche.»

La cause que défend La Traversée en est une qui tient à cœur Marie-Claude Barrette. En acceptant d'en être la porte-parole, elle endosse un mandat qu'elle qualifie de «gratifiant».

Les enfants

«La Taversée redonne de l'estime, une colonne vertébrale à ces gens-là pour dire "je n'ai rien à voir là-dedans, ça fait partie de mon histoire, mais il faut que ce soit quelque chose d'autre, il ne faut pas que ça reste en moi"», a-t-elle expliqué.

L'aide aux enfants la touche particulièrement. «Ces enfants-là portent une lourdeur. On sait à quel point on aime nos enfants, que c'est beau l'enfance, mais ça peut être noir, plein de secrets.»

«Ce que j'ai constaté avec les années, quand il y a des cas d'agression sexuelle, peu importe l'âge, ça devient l'histoire d'une vie.»

«J'ai un oncle qui a été agressé sexuellement et c'est à 40 ans que sa vie a basculé. Il a gardé ça en lui toute sa vie, sans jamais en parler et c'est ce que La Traversée peut éviter.»

En 2015 et 2016, quelque 100 femmes et 50 enfants et adolescents ont eu recours aux services de La Traversée.



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