Kim Nunès
Agence QMI

Les multiples talents de Marianne Farley

Les multiples talents de Marianne Farley

Marianne Farley.Photo Sébastien St-Jean / Agence QMI

Kim Nunès

Le visage de Marianne Farley fait partie de notre paysage artistique depuis plusieurs années, en raison notamment de son rôle dans Mémoires vives, mais aussi de publicités de Cashmere. Rencontre avec une actrice passionnée qui joue, écrit, produit, réalise... et chante!

Avant de devenir comédienne, vous étiez chanteuse. Qu'est-ce qui vous a poussée vers le chant à 19 ans?

Je viens d'une famille très musicale. Du côté de ma mère comme du côté de mon père, tout le monde fait de la musique. C'était donc naturel pour moi de chanter. Un jour, j'ai rencontré un couple qui avait une compagnie de disques et qui avait envie d'encourager de nouveaux talents, et on a travaillé sur mon album. Quand le single Histoire sans prénom est sorti, ç'a vite été un succès. J'avais 19 ans. J'ai eu trois titres dans le Top 10 au Québec et j'ai signé un contrat de disque en France, où l'album n'est finalement jamais sorti. J'ai aussi fait du jazz pendant quelques années.

À quel moment le jeu s'est-il présenté à vous?

Comme je voulais aller chercher des outils pour m'aider sur le plan de la performance sur scène, j'ai commencé à suivre des ateliers de jeu. Étant une fille de gang, je me sentais souvent seule comme chanteuse. J'avais l'impression d'avoir tout le poids sur mes épaules. Le jeu était donc beaucoup plus proche de qui j'étais et de ce que je voulais faire. Je me suis mise à travailler en tant que comédienne. Vu que je suis bilingue - mes parents viennent d'Ottawa, et on a habité en Alberta et à Toronto -, mes premiers rôles étaient en anglais. De fil en aiguille, j'ai délaissé la musique pour jouer davantage.

Petite, songiez-vous déjà à devenir comédienne?

Je voulais faire les deux: chanteuse et comédienne! Le jeu était dans mes plans, dans mes rêves d'enfant, du moins. Mais comme j'étais bonne à l'école, je me dirigeais en administration. Pour la musique, j'ai par contre dû mettre mon bac de côté, chose que je ne regrette absolument pas, car ce domaine ne m'aurait sans doute pas rendue heureuse.

On vous reconnaît pour certains rôles phares que vous avez tenus. Êtes-vous aussi douce que vous le laissez paraître à l'écran?

Je pense avoir deux côtés. Le bonheur des gens autour de moi est très important, alors je suis très maternelle. Mais j'ai aussi un caractère fort et une tête de cochon. Je suis quelqu'un qui fonce beaucoup. Je suis autonome, forte et parfois colérique! Je commence à l'assumer! (rires) Disons que je ne suis pas quelqu'un de calme. Cela dit, je suis consciente qu'il y a des différences entre mon physique et ce que je suis, ce qui fait en sorte qu'on me propose souvent des rôles de femme douce et vulnérable.

Avez-vous toujours eu cette force de caractère ou l'avez-vous acquise avec l'âge?

Je l'ai toujours eue, mais jeune, je souffrais beaucoup d'insécurité. Je porte encore ce sentiment en moi. Je crois que c'est ce qui me permet d'être vulnérable... Il y a une expression anglaise qui dit que plus tu as l'air «tough» dans la vie, plus tu as quelque chose de fragile à protéger. Dans mon cas, ce que je tente de protéger derrière mon fort caractère, c'est ma grande sensibilité.

Le domaine dans lequel vous travaillez est instable, et les horaires sont atypiques. Comment arrivez-vous à jongler avec votre rôle de mère et votre carrière?

Je suis une personne qui regarde beaucoup vers l'avant, alors c'est un grand défi pour moi de vivre une journée à la fois, un problème à la fois. Il m'arrive d'avoir peu de journées de congé, mais heureusement, j'ai la chance d'avoir un conjoint réalisateur qui, comme moi, a des moments plus calmes. Il peut donc prendre le relais. C'est de la gestion, mais ce sont les métiers qu'on a choisis! Le plus difficile, c'est d'accepter les imperfections de la mère que je suis.

C'est vrai?

Oui! C'est un travail de tous les jours! En vieillissant, j'accepte de plus en plus mon imperfection! Selon moi, mes deux garçons sont mieux d'avoir une mère imparfaite qui s'accepte qu'une mère super performante qui serait un modèle inatteignable pour eux. C'est important pour moi de leur montrer ma vulnérabilité. Je veux qu'ils apprennent à s'accepter tels qu'ils sont. Je veux qu'ils apprennent de leurs erreurs et non pas qu'ils cherchent à être performants. Mais de leur inculquer ça, c'est un exercice de lâcher-prise incroyable. Être maman, ça nous remet en question...

Vous êtes aussi productrice, réalisatrice et scénariste. Aurez-vous à assumer ces rôles cet automne?

Je travaille à l'écriture d'un long métrage pour lequel j'assurerai aussi la réalisation. Sinon, je produis présentement un film. Si tout va bien, on devrait le tourner l'année prochaine. J'y tiendrai aussi un rôle...

Le récent film 9, dans lequel vous avez joué, aborde le vide. Que pensez-vous de ce vide qui habite de plus en plus notre génération?

Pour moi, ce film montre qu'on a mis de côté notre humanité. On ne se donne pas le droit d'être vulnérable, on ne laisse pas les gens voir qui l'on est. C'est comme si on portait une armure et qu'on faisait semblant d'être fort, alors qu'ultimement la seule façon d'établir des liens avec les autres est de les laisser nous voir tel qu'on est, dans nos peurs, et nos anxiétés.

Marianne Farley dans This Life (la version anglaise de Nouvelle adresse), à CBC, et dans Mémoires vives, le mardi, à 21 h, à Radio-Canada. Cet automne, elle réalisera Marguerite, un court-métrage, en plus de tourner dans La chute de Sparte, l'adaptation cinématographique du roman de Biz, de Loco Locass.



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