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Une victime alléguée de Claude Jutra était âgée de six ans

Claude Jutra

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Pédophile. L'étiquette qui colle à Claude Jutra depuis quelques jours est lourde de sens et dévastatrice. Le renommé cinéaste québécois aimait les garçons, les très jeunes garçons d'après son biographe Yves Lever.

Rumeurs, ont clamé ses proches, mais désormais une victime présumée a accepté de raconter sa triste histoire.

Louise Rinfret, qui a collaboré avec Claude Jutra et travaillé sur le dernier film du réalisateur avant qu'il ne se suicide en 1986, a accepté de raconter à TVA Nouvelles ce que l'un des hommes qui aurait été agressé par Jutra lui a confié et dont fait état mercredi le quotidien La Presse sous la plume de son journaliste Hugo Pilon-Larose.

«J'ai réussi à communiquer avec Jean*, il m'a raconté son histoire. On a beaucoup discuté, on avait pensé qu'il pourrait témoigner par écrit pour [le livre d'Yves Lever], ce qui était un peu compliqué», a précisé Mme Rinfret qui connaît très bien Jean.

L'homme aurait subi les attouchements de Jutra durant les années 1960 et 1970. Le cinéaste était un ami de la famille. Ce qui a commencé par des gestes anodins alors qu'il avait six ans seulement s'est transformé en attouchements, masturbation, fellations, a rapporté La Presse.

Courage

«J'ai beaucoup de reconnaissance pour M. Lever qui a eu le courage de parler du fait que Claude Jutra était pédophile», a déclaré Louise Rinfret qui travaille maintenant auprès de victimes d'agressions sexuelles.

Quand Yves Lever, en processus d'écriture, l'a jointe en juillet 2014 pour lui parler de la pédophilie alléguée de Claude Jutra, des agressions sur son ami Jean, Louise Rinfret était sous le choc.

«C'est épouvantable. À notre organisme depuis 2001, on accueille des enfants, des adolescents, des adultes. Et les histoires de pédophilie sont toujours les mêmes. [Les agresseurs] se présente très bien, ont une belle éducation, une certaine notoriété dans leur milieu», explique-t-elle, faisant la comparaison avec la réputation de Claude Jutra.

Après la parution dans La Presse mercredi matin, la ministre de la Culture, Hélène David, a demandé de retirer le nom de Claude Jutra de la soirée récompensant les artisans du cinéma québécois.

«Si [le témoignage de Jean] peut aider un seul enfant à ne pas être abusé, ça aura servi à quelque chose», a conclu Louise Rinfret.

* Nom fictif de la présumée victime de Claude Jutra, qui souhaite demeurer anonyme.



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