Maxime Deland
Agence QMI

Procès Ghomeshi: les jeux sont faits

Maxime Deland

Dernière mise à jour: 11-02-2016 | 18h27

TORONTO - Le sort de l'ex-animateur vedette de CBC, Jian Ghomeshi, repose désormais dans les mains du juge.

Le dernier chapitre du procès pour agressions sexuelles de Ghomeshi s'est écrit de façon assez expéditive, jeudi, à Toronto.

Dans sa plaidoirie, la Couronne n'a eu besoin que de 45 minutes pour résumer la preuve.
La poursuite a tenté de justifier les «incohérences» et les «oublis» des trois plaignantes qui ont défilé à la barre depuis le 1er février, date à laquelle le procès s'est ouvert.

Le procureur Michael Callaghan a affirmé que les victimes d'agression sexuelle ne réagissent pas toutes de la même façon et qu'il est «normal» qu'elles oublient certains détails de l'histoire, particulièrement lorsque les faits se sont produits il y a plus d'une décennie.

«C'est fort possible que les nombreuses années qui se sont écoulées entre les agressions et leurs dépositions aux policiers aient pu altérer leur mémoire», a dit Me Callaghan.

Le procureur a tenté de faire valoir au juge que les trous de mémoire des trois plaignantes étaient «secondaires» dans cette affaire. «Ce dont elles se souviennent avant tout, c'est d'avoir été agressées par M. Ghomeshi», a-t-il insisté.

Une question de crédibilité

Sans surprise, lors de sa plaidoirie, la défense a rappelé au juge la quantité importante d'incohérences et de «mensonges par omission» qu'ont eus les trois plaignantes dans leurs témoignages.

Pour illustrer son propos, l'avocate de Jian Ghomeshi a notamment donné l'exemple de la troisième victime alléguée, qui avait mentionné aux policiers qu'elle n'avait pas parlé de son agression avec les autres plaignantes.

Lors du procès, la défense a toutefois démontré le contraire en déposant en preuve la transcription de quelque 5000 courriels et messages texte échangés par cette troisième plaignante avec Lucy DeCoutere, la deuxième victime présumée.

Plusieurs de ces messages faisaient référence à Jian Ghomeshi et aux gestes violents qu'il aurait commis à leur égard.

«Je veux le faire payer pour ce qu'il m'a fait», «Le temps est venu de faire enfermer ce salaud», «Je vais tout faire pour envoyer ce prédateur en prison», sont des exemples de courriels envoyés à Lucy DeCoutere par la troisième plaignante.

«Les preuves présentées par la Couronne durant ce procès sont largement insuffisantes, a dit l'avocate de l'ex-vedette de CBC, Me Marie Henein. Elles ne prouvent en aucun temps la culpabilité de M. Ghomeshi et c'est pourquoi nous demandons un acquittement sur tous les chefs d'accusation.»

Ghomeshi fait face à cinq chefs d'accusation, soit quatre d'agression sexuelle et un autre d'avoir tenté de vaincre la résistance d'une victime par l'étouffement. L'homme de 48 ans a plaidé non coupable à toutes les accusations.

Les faits reprochés à Ghomeshi se seraient produits en 2002 et 2003.

Jian Ghomeshi, qui a admis publiquement être un adepte des pratiques sexuelles brutales, a toujours affirmé que ses partenaires étaient consentantes.

Le juge a pris la cause en délibéré et devrait rendre son verdict le 24 mars.

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