Maxime Deland
Agence QMI

DeCoutere voulait «baiser à mort» Ghomeshi

Procès de Jian Ghomeshi

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Maxime Deland

«Tu m'as brassée hier et ça me donne envie de te baiser à mort. Ce soir.»

La défense a sorti un autre lapin de son chapeau, vendredi, lors du contre-interrogatoire de Lucy DeCoutere, qui dit avoir été étouffée et giflée par Jian Ghomeshi.

L'avocate de l'ex-vedette de CBC, Marie Henein, a confronté la plaignante à de nombreux courriels qu'elle a écrits à son client, dont un particulièrement explicite envoyé moins de 24 heures après la présumée agression.

Dans ce courriel, Lucy DeCoutere dit notamment avoir envie de «baiser à mort» Jian Ghomeshi.

N'ayant plus aucun souvenir du courriel en question, Lucy DeCoutere a paru déstabilisée par ses écrits datant du 5 juillet 2003.

«Je ne me souviens plus de ce message, a admis l'actrice de 46 ans. Mais ça ne change pas le fait qu'il m'a étouffée et giflée sans mon consentement.»

Me Henein a ensuite demandé à Lucy DeCoutere de s'expliquer au sujet de cette «lettre d'amour» qu'elle a envoyée à son client «quatre jours après qu'il vous ait giflée et tenté de vous étouffer».

Dans cette lettre manuscrite, la plaignante qualifie Ghomeshi d'homme «éblouissant» et lui mentionne qu'elle voit «son visage partout».

Elle mentionne même qu'elle envisagerait une relation à long terme avec lui. Les derniers mots de la missive ont fait réagir dans la salle d'audience: «J'aime tes mains, Jian», termine Mme DeCoutere.

Comme une femme battue

Questionnée de toutes parts, Lucy DeCoutere a tenté de se justifier en comparant sa situation à celle d'une femme victime de violence conjugale. «Je ne peux pas nier que cette lettre existe, mais je préférerais qu'elle n'existe pas. C'est comparable à une femme qui se fait battre par son mari, mais qui ne le quitte pas», a-t-elle dit.

La défense a également confronté la plaignante en lui faisant lire un autre courriel envoyé à Jian Ghomeshi, celui-là renfermant une photo d'elle en train de faire une fellation à une bouteille de bière. Mme DeCoutere a envoyé cette image un peu plus d'un an après l'agression dont elle dit avoir été victime.

«Ce n'était rien de sexuel et je n'ai pas fait ça pour l'aguicher, a témoigné l'actrice. C'était une photo amusante que j'ai d'ailleurs envoyée à plusieurs amis, même des filles.»

Même stratégie

Le contre-interrogatoire de Mme DeCoutere s'est terminé en fin d'après-midi et le procès a été ajourné jusqu'à lundi. La troisième victime alléguée de l'ex-animateur de CBC devrait être appelée à la barre.

Fait particulier depuis le début du procès: en aucun temps la défense n'a remis en doute les allégations des deux premières victimes présumées, qui affirment notamment s'être fait tirer les cheveux, frapper à coups de poing, étouffer et gifler.

Principalement à l'aide de vieux courriels, la défense s'attarde plutôt à démontrer au juge que, contrairement à ce qu'elles prétendent, ces femmes n'ont jamais été traumatisées par ce qu'elles ont vécu avec Jian Ghomeshi, bien au contraire.

L'ex-animateur vedette de CBC fait face à cinq accusations: quatre d'agression sexuelle et une autre d'avoir tenté de vaincre la résistance par l'étouffement. Ghomeshi a plaidé non coupable à toutes les accusations.

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