Julie poursuit sa croisade

Couples infertiles - Julie poursuit sa croisade

Marie-Joëlle Parent
Le Journal de Montréal

Dernière mise à jour: 03-10-2008 | 06h27

À deux semaines d'accoucher de sa petite Romy, Julie Snyder poursuit sa croisade pour aider les femmes qui, contrairement à elle, n'ont pas les moyens de payer des traitements pour avoir un enfant.

Julie Snyder a les hormones «dans le plafond !». C'est elle qui le dit. Son accouchement est prévu pour le 18 octobre. Elle ne voit peut-être plus ses pieds, elle déborde de travail, mais elle trouve quand même le temps d'encourager SA cause, celle de la procréation assistée.

Cette fois, elle est présidente d'honneur du Fonds des petits miracles, qui tenait hier soir son 3e gala annuel au Centre Mont-Royal.

«Je leur dois tout, c'est grâce à eux que je suis enceinte», lance Julie à propos des médecins de McGill. Pour tomber enceinte de sa fille Romy, elle a subi trois traitements de fécondation in vitro. Un vrai petit miracle.

Si sa grossesse s'est mieux déroulée que pour son premier enfant, elle est tout de même restée alitée pendant trois semaines. «À ma 33e semaine, j'ai eu des contractions et j'ai été hospitalisée pendant une nuit, dit-elle, mais tout s'est résorbé.»

Est-elle prête pour le grand jour ? «Pas du tout, il y a deux jours je n'avais pas de valise de faite ! Je n'aurai pas le temps d'accoucher», dit la femme d'affaires des temps modernes.

Elle jure n'avoir jamais travaillé aussi fort de sa vie. Des auditions de Star Académie au DVD de la tournée de Céline Dion, il reste des tas de choses à régler.

«Après l'accouchement, je vais allaiter mon enfant jusqu'à 6 mois, c'est ce que l'Association mondiale de la santé recommande. Les 6 premiers mois, c'est plus facile, le bébé peut me suivre partout. Je vais surtout travailler moins après 6 mois», confie-t-elle.

Par le plus grand des hasards, sa fille va avoir quatre mois quand elle commencera les enregistrements de Star Académie, tout comme pour Thomas. Romy sera donc en coulisses avec elle.

«Je jure que ce n'est pas arrangé. Je n'ai pas un bébé quand je veux, j'ai un bébé quand je peux !» dit-elle.

Méconnu

Le Fonds des petits miracles permet aux jeunes mères dans la vingtaine atteintes du cancer de congeler leurs ovules avant de commencer leur chimiothérapie. «Le problème, c'est que les femmes qui ont le cancer ne savent pas que ce service existe», dit Julie. Depuis deux ans, une quarantaine de mères en ont profité.

Julie a côtoyé certaines de ces femmes dans la salle d'attente de l'hôpital. «Une d'elles était très jeune et elle venait d'apprendre qu'elle avait le cancer du côlon. C'est vraiment un double choc.»

Hier soir, on espérait amasser près de 250 000 $. Plusieurs personnalités étaient présentes et Pier re Karl Péladeau a prononcé un discours.

C'est lui qui a encouragé Julie à faire de la procréation assistée son cheval de bataille. «Quand je suis tombée enceinte de Thomas après deux traitements, j'ai tellement pleuré que j'ai fait une prière. Ça peut paraître cucul, mais j'ai promis que j'allais essayer moi aussi de faire des miracles pour les autres.» La cause est entre bonnes mains.

Le ministre Bolduc interpellé

Julie Snyder voit l'arrivée du nouveau ministre de la santé Yves Bolduc comme une bouffée d'espoir dans la cause de la procréation assistée.

En juin dernier, Julie Snyder a fait un passage remarqué en Commission parlementaire à Québec pour exiger du ministre Philippe Couillard la gratuité des traitements offerts en clinique pour stimuler la fertilité. Elle appuyait alors l'Association des couples infertiles (ACIQ).

«Tout le monde reconnaît que l'infertilité est une maladie, sauf Philippe Couillard qui a dit que ce n'était pas un droit fondamental d'avoir un enfant», déplore-t-elle.

Or, les choses risquent de changer. «Je fonde beaucoup d'espoir en M. Bolduc. Cela dit, il faut rester vigilant.»

«Ma croisade va s'ar rêter quand l'assurance-maladie va couvrir comme en France jusqu'à quatre cycles de fécondation in vitro par enfant à naître. Et que le nombre d'embryons sera déterminé par un comité d'éthique et non par des fonctionnaires», explique l'animatrice.

Dans sa croisade, Julie Snyder a trouvé l'appui de Mario Dumont et de l'ADQ, de même que du PQ où Pauline Marois lui a prêté une oreille attentive, comme Jean Charest qu'elle n'a pas lâché d'une semelle.

«Je ne vais jamais m'arrêter. J'ai espoir», dit-elle.


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