Rozon: un nom, un rêve, une famille

Célébrités - Rozon: un nom, un rêve, une famille

Michelle Coudé-Lord - Journal de Montréal

Dernière mise à jour: 17-11-2006 | 13h37

Juste pour rire, c’est d’abord et avant tout le rêve et la réalisation d’une famille, celle des Rozon.

On connaît tous le président-fondateur, Gilbert, l’aîné de la famille, 48 ans, le « grand frère ». Puis il y a Lucie, la vice-présidente du Groupe Juste pour rire ; sa sœur jumelle Luce, vice-présidente de la programmation et de la création ; Martine – « la plus bollée » de la famille, dit en souriant Gilbert –, qui est comptable de profession et est aujourd’hui contrôleure du Festival Juste pour rire, et enfin la nouvelle venue, Constance, fraîchement débarquée de New York et responsable de la programmation extérieure.

« Elle a créé, pour la 21e édition du Festival Juste pour rire de cette année, un programme destiné au hip hop, et j’en entends le plus grand bien », assure fièrement le président.

Cette année, les festivaliers doivent la présentation de la comédie musicale Chicago à la détermination de Lucie ; des activités encore plus éclatées dans la rue à Luce et enfin, à Martine une bonne gestion d’un chiffre d’affaires devenu fort impressionnant au fil des ans : 50 M$, plus de 300 000 billets vendus et 150 employés sans compter tous les pigistes embauchés pour le festival.

Portrait de famille

Nous profitons de ce 21e Festival Juste pour rire pour vous présenter la famille Rozon, celle qui transforme le visage de Montréal en un gros sourire en plein mois de juillet.

Il y a d’abord eu une rencontre avec Lucie Rozon et un dîner fort sympathique avec la familia, où la franchise et la sincérité étaient inscrites au menu.

Seulement deux membres de la famille Rozon ne travaillent pas à Juste pour rire.

François, qui a quitté il y a trois ans après les démêlés avec la justice de son frère Gilbert, qui fut libéré d’une accusation d’agression sexuelle.

François a démarré sa propre boîte, Encore, et gère des carrières de grands humoristes.

« Nous ne sommes pas en chicane. Plus maintenant. Nous nous parlons », affirme Gilbert.

« Ce scandale les a séparés, certes, ajoute Lucie, mais je vous dirais qu’aujourd’hui, avec du recul, ça a été bon pour les deux. François a pris son envol, et je crois que c’est bien qu’ils fassent bande à part. »

Enfin, une autre fille de la famille est bibliothécaire à la Ville de Montréal.

« Gilbert lui a demandé de prendre en charge la bibliothèque du Musée Juste pour rire, mais elle a refusé. Elle aime beaucoup son travail à la Ville », affirme Lucie.

Les Rozon sont nés dans un petit village du nord des Laurentides. Leur père, qui est décédé en 1997, leur a inculqué le « sens du travail ».

« Pour mon père, une famille devait rester unie. Il était très fier de nous voir travailler ensemble », souligne Gilbert.

Leur mère vit toujours, et Lucie et les autres lui téléphonent chaque jour.

Famille et compétence

Ça fait donc beaucoup de Rozon à Juste pour rire mais, prudent, le président fait tout de suite cette mise au point.

« Pour certains, ça peut ressembler à du népotisme. Est-ce que le fait de ne pas s’appeler Rozon peut empêcher de progresser dans l’entreprise ? Pas du tout, et les autres employés le savent fort bien. Il n’y a pas de traitements de faveur. Personne ne peut mettre en doute la compétence d’aucun membre de la famille. »

Et les sœurs d’ajouter en chœur : « Nous avons tous commencé au bas de l’échelle, à la billetterie par exemple. Il nous a fallu faire nos preuves. »

« La famille n’est nettement pas un facteur négatif », ajoute Gilbert Rozon sur un ton convaincu.

Mon frère, mon boss

Et même parmi les employés, on ne se gêne pas pour embaucher des membres d’une même famille, la mère, la sœur et le frère.

« Chez nous, c’est une place au débat. Un endroit de création. Ça passe ou ça casse au bout de six à neuf mois. Mais ceux qui restent nous sont fidèles longtemps. » Mais il a l’air de quoi, comme boss, le grand frère Gilbert ?

« Généreux, très généreux, disent les filles. Il nous a aidées dans notre accomplissement. Et aujourd’hui, nous sommes tous habités par le même rêve : faire de ce festival le plus grand du monde. Un événement dédié au bonheur. » Et Gilbert Rozon de conclure : « La famille, c’est ta base dans la vie, ton noyau. Travailler ensemble nous donne chaque jour une grande leçon de tolérance. Mais ce qui est encore plus extraordinaire, c’est que nous apprenons encore plus à nous connaître. Et surtout, chacun sait fort bien que si l’un de nous est dans la merde, nous serons tous là pour l’aider. »

Tel était le vœu du père Rozon.


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