FUNÉRAILLESUn dernier adieu à GuildaMarie-Josée Roy 06-07-2012 | 18h14
MONTRÉAL – Les artistes et le public ont adressé vendredi matin un dernier adieu à Guilda, né Jean Guida de Montellaro, à l’église Saint-Viateur d’Outremont, à Montréal, alors qu’étaient célébrées les funérailles de l’homme de 88 ans, décédé le 27 juin dernier. Dès 10 h, les gens étaient invités à se recueillir devant les cendres du chanteur, danseur, comédien et artiste-peintre, à échanger quelques mots avec sa famille et à signer un registre-souvenir. Devant l’autel était érigée une table où trônait l’urne, entourée de fleurs, de même qu’un grand portrait du défunt où celui-ci apparaissait autant en homme qu’en femme, Guilda ayant principalement fait carrière en tant que travesti. Quelques camarades de longue date du disparu, comme Gilles Latulippe, Evan Joanness, Michel Girouard, Richard Abel et Jenny Rock, s’étaient déplacés pour offrir un ultime coup de chapeau à leur compagnon de travail.
Le Père Brousseau a enchaîné en louangeant la conscience professionnelle et le souci du détail de Guilda, en le qualifiant d’« homme charitable, joyeux et convivial ». Il a rappelé qu’au-delà du personnage public, le parisien d’origine était d’abord et avant tout un père de famille et une personne bénéficiant d’un grand réseau d’amis. Il a aussi souligné que les liturgies et prières choisies par la tête d’affiche respiraient toutes la lumière, l’amour et la joie.
Un peu plus tard, son complice de toujours et exécuteur testamentaire Martin Mc Nicoll, qui était présent lors du décès, est venu raconter les faits saillants de la vie de son « ami inconditionnel ».
«Très tôt, il a été confronté à la médiocrité, à la cruauté et à la bêtise humaine, au tournant de la Seconde Guerre mondiale. Il s’est alors réfugié dans le dessin, l’aquarelle, puis le théâtre. C’était un artiste-né, jusqu’au bout des ongles. C’était une personne très attachante, qui savait capter l’attention quand il racontait des histoires. Il était très croyant et sa foi s’exprimait souvent dans ses tableaux», a détaillé Monsieur Mc Nicoll, avant de voir sa gorge se nouer d’émotion au moment d’évoquer le trépas de son copain. Son discours a été couronné d’une longue et poignante ovation debout.
Un grand artiste Toutes les personnalités rencontrées sur le parvis de l’église, quelques minutes avant la messe, se sont remémoré de bons souvenirs de celui que tous considèrent comme un incontournable de la culture d’ici. Richard Abel, notamment, tenait à être présent.
«Guilda n’était pas un travesti pour moi, c’était un artiste, a lancé Michel Girouard. Il a foncé, il était motivé par ce métier. S’il avait été à Las Vegas, il serait devenu une grande vedette.»
«On se souviendra de son professionnalisme, a renchéri Jenny Rock. Les gens qui l’ont côtoyé savent à quel point il était consciencieux. » |