Un procès riche en émotions

Procès  Dr Murray - Un procès riche en émotions

 

Dernière mise à jour: 06-11-2011 | 17h53

LOS ANGELES - Les jurés du procès du Dr Conrad Murray, poursuivi à Los Angeles pour la mort de Michael Jackson, ont clos vendredi leur premier jour de délibérations et reprendront leurs travaux lundi.

Les sept hommes et cinq femmes du jury, qui ont commencé leurs délibérations vendredi matin, à huis clos et pour une durée indéterminée, ont suspendu leurs travaux vers 16H00.

Les délibérations reprendront lundi matin à 8H30, a précisé la Cour supérieure de Los Angeles dans un communiqué.

Le Dr Murray, un cardiologue de 58 ans, est poursuivi pour homicide involontaire. Il risque, en cas de condamnation, jusqu'à quatre ans de prison.

Négligence criminelle

Le parquet l'accuse d'avoir fait preuve de «négligence criminelle» dans les soins apportés à Michael Jackson, dont il était le médecin personnel pendant les deux mois ayant précédé sa mort.

Le «roi de la pop» a succombé le 25 juin 2009 à l'âge de 50 ans à une «grave intoxication» au propofol, un puissant sédatif qu'il utilisait comme somnifère avec la complicité de son médecin, qui a reconnu lui en avoir administré le matin de sa mort.

Toute la journée, des dizaines de fans ont attendu devant la Cour supérieure de Los Angeles, dans l'espoir d'un verdict rapide. Ils sont repartis déçus et bredouille vendredi soir, trempés de surcroît par une série d'averses.

Sur certaines pancartes, on pouvait lire: «Un ticket pour la prison» ou «En prison et jetez la clé!».

Une attente difficile pour la famille

Dans la journée, La Toya Jackson, une des sœurs de Michael Jackson - et l'un des membres du clan les plus assidus pendant le procès - a fait savoir via son compte Twitter qu'elle attendait le verdict «en tremblant».

«Je suis toute tremblante en ce moment, dans l'attente du verdict! Le moindre bruit me fait sursauter! Justice doit être rendue», a-t-elle déclaré.

«Les preuves dans ce dossier sont accablantes» et montrent que «Conrad Murray a agi avec une négligence criminelle», avait lancé jeudi le procureur dans son réquisitoire.

Pour les enfants du «roi de la pop», ce dossier ne se termine pas aujourd'hui, ni demain, ni même le jour suivant», a-t-il ajouté. Pour eux, «cette affaire ne se terminera jamais, parce qu'ils n'ont plus de père. Ils n'ont plus de père à cause des actes de Conrad Murray».

Plaidoyer de la défense

La défense a plaidé pour sa part que le chanteur, dépendant aux médicaments, s'était auto-injecté une dose supplémentaire -- et mortelle -- de propofol le matin de sa mort, pendant que son médecin avait le dos tourné.

Le Dr Murray n'était qu'un «petit poisson» dans cette affaire, a expliqué l'avocat du médecin, Ed Chernoff, affirmant lors de sa plaidoirie finale que les témoins clés du dossier s'étaient mis d'accord pour fabriquer de toutes pièces une version des faits incriminant le praticien.

Pendant les six semaines de procès, dont les débats ont commencé le 27 septembre, 49 témoins se sont succédés à la barre. Le Dr Murray, pour sa part, a préféré user de son droit au silence et n'a pas témoigné.

De l'image du cadavre du «roi de la pop» sur la table d'autopsie à un enregistrement de la voix méconnaissable de la star assommée par les médicaments, le procès a été riche en émotions.

Mais si les débats, souvent techniques, ont levé le voile sur l'état d'esprit de Michael Jackson avant sa mort - une ambition intacte mais une inquiétude immense et une insomnie chronique à l'idée de ne pas être prêt pour ses concerts à Londres - ils n'auront pas permis d'établir avec certitude les circonstances exactes du décès du chanteur.


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