RENÉ ANGÉLILUn Officier et sa missionMichelle Coudé-Lord Le Journal de Montréal 15-06-2009 | 08h51
Beau hasard de la vie, René Angélil, qui est sur la liste pour acheter les Canadiens de Montréal en compagnie de Quebecor et du Fonds de solidarité de la FTQ, reçoit mercredi à Québec l'Ordre national du Québec en même temps que Mario Lemieux, qui vient de remporter sa première coupe Stanley en tant que propriétaire des Penguins de Pittsburgh. Deux grands, deux gagnants, deux réussites exceptionnelles guidées par un seul mot, dira René Angélil en entrevue: «Travail, travail, travail.» Il préfère rester discret sur le processus d'achats des Canadiens de Montréal, voulant respecter les règles du jeu. René Angélil est un homme d'affaires averti et il est habitué à jouer dans les ligues majeures. Donc il agira toujours de façon à ne pas créer d'impairs. Il dit recevoir cet honneur du gouvernement du Québec avec émotion et surtout, en ayant une pensée pour ses parents qui ne sont plus de ce monde. «Ils seraient très fiers, je crois, confie René Angélil en entrevue au Journal. J'ai toujours montré avec grande joie aux gens qui venaient me rencontrer à Montréal le quartier Villeray et le 7760, rue Saint-Denis, où j'ai grandi. Ce sont mes racines. Il faut toujours être fiers de l'endroit d'où l'on vient, et Céline et moi, partout dans le monde, nous avons parlé avec coeur de nos origines, du Québec. J'ai toujours été fier de parler de cet endroit unique au monde.»
Ses originesD'ailleurs, dans sa biographie, l'auteur Georges-Hébert Germain évoque l'importance du lien de René Angélil avec le Québec. «Pour René Angélil, ce que pensent les gens du Québec a toujours eu plus de poids que ce que pense tout le reste de la planète. Que son artiste récolte le moindre prix, le moindre honneur où que ce soit dans le monde, c'était au Québec qu'il voulait qu'on en parle; c'était là que se trouvait sa banque centrale de gloire. Où qu'il se soit trouvé dans le monde, René Angélil est toujours resté branché sur les médias québécois.» D'ailleurs, le célèbre imprésario s'installe cette semaine au Québec avec Céline et René-Charles pour l'été. «C'est comme revenir à la maison pour nous. C'est un beau sentiment», précise René Angélil.
Une industrie qui changeQuand on lui demande s'il serait plus difficile de commencer la carrière de Céline Dion dans l'industrie musicale actuelle, il répond sans hésiter par l'affirmative. «Internet bouscule tout, change les règles. Les compagnies de disques investissent moins sur l'artiste. On aurait réussi quand même, car le talent de Céline est exceptionnel, mais il n'y a pas de recette magique. Pour réussir, c'est le travail, le travail, le travail et une discipline quotidienne extraordinaire. Quand je pense que ça fait 28 ans que je connais Céline, je ne le crois pas. C'est comme si c'était hier. Tout s'est passé tellement vite. Au début, c'est moi qui prenais la pression. Aujourd'hui, rendue au sommet, c'est elle qui a la plus grosse pression; moi, je demeure son guide. Au début, il fallait que je prenne les bonnes décisions, il ne fallait pas se tromper. Être au sommet apporte la gloire, certes, mais aussi beaucoup d'exigences.» Il estime que la version Star Académie du Québec est une belle rampe de lancement pour un jeune. «J'ai adoré mon expérience comme directeur de l'Académie. J'ai vu d'autres émissions du genre ailleurs dans le monde. Cette production-là est d'une qualité exceptionnelle. Et, oui, je crois que ça peut aider un jeune talentueux qui est prêt à travailler très fort.» De l'histoire de Susan Boyle qui a fait le tour du monde, il a retenu ceci: «Il faut faire attention parfois, dans ce genre d'émission, qu'il n'y ait pas d'exploitation.»
«Un organisateur de génie»Dans son communiqué, le gouvernement du Québec décrit ainsi René Angélil: «Un homme qui a transformé l'industrie internationale du spectacle en y imposant son style unique et une vision francophone nord-américaine. Il est un organisateur de génie, un homme qui a ouvert les portes à de nombreux créateurs québécois dans le monde.» Mercredi, en recevant son titre d'Officier du Québec, René Angélil pourra dire "mission accomplie». «Nous sommes privilégiés d'être nés au Québec. Cet honneur me va droit au coeur», conclut René Angélil, qui va sûrement vouloir connaître la recette gagnante de Mario Lemieux dans le monde du hockey. Céline Dion a été reçue Officier du Québec en 1998. |