POLITIQUEJean-Pierre Ferland et Robert Charlebois tournent le dos au fédéralAgnès Gaudet Journal de Montréal 02-10-2008 | 08h48
Les deux bonzes de la musique québécoise, réunis hier au gala de la SPACQ, ont confié leur mécontentement. Dans un élan spontané pour protester contre les coupes du gouvernement Harper, Jean-Pierre Ferland a annoncé au micro qu'il remettait à la SPACQ la bourse dont il avait bénéficié en subvention du fédéral il y a quelques années pour écrire sa comédie musicale Gala. «Si je n'avais pas eu ça [la bourse], je n'aurais peut-être pas eu cet échec-là ni cet enrichissement procuré quand on se casse la gueule sur quelque chose de valeur», a-t-il dit, ironique. Ferland a par la suite déclaré au Journal qu'il ira voter «à contre-coeur au fédéral pour M. Duceppe, en désespoir de cause», et qu'il n'écouterait pas le débat des chefs. «Je n'écoute pas ça. J'ai toujours trouvé ça plate et cette année, c'est encore plus plate, a-t-il confié au Journal. Je suis plus inquiet de ce qui se passe aux États-Unis. «C'est toujours la même histoire. Le Canada ne m'intéresse pas, a-t-il renchéri. Quand je veux avoir la paix, je me promène à Toronto, il n'y a pas un chat qui me connaît! «La crise économique, vous croyez qu'ils vont réparer ça? demande Ferland, admis au Panthéon des auteurs et compositeurs canadiens l'an dernier. Ce sont de gros zéros qui n'ont pas de fond, mis à part Duceppe.» Des clownsQuant à Robert Charlebois, il n'avait pas l'intention, hier, d'écouter le débat des chefs diffusé à la télé, s'il devait être diffusé en même temps que le débat des candidats à la vice-présidence américaine, opposant la républicaine Sarah Palin au démocrate Joe Biden (ce débat est diffusé ce soir). «J'ai une passion pour John Favreau, le gars de 24 ans qui écrit les textes d'Obama, a-t-il affirmé hier au Journal. Il est comme un parolier. Il crée de bonnes images. «Quand un politicien change de parolier, c'est comme ça qu'il gagne. Quand le feu est pris, dire qu'il faut commencer par l'éteindre avant de savoir qui a mis le feu, ça parle au peuple.» Malgré cette crise économique aux États- Unis, qui pourrait rebondir chez nous, Charlebois admet qu'il n'ira pas voter. «Moi, je suis un artiste, donc un anarchiste, dit-il. Je trouve que le danger est économique, mais les politiciens sont quand même des clowns. Ce sont les gouverneurs des banques qui dirigent. On en a la preuve aujourd'hui.» Louise ForestierAutre son de cloche du côté de Louise Forestier, qui déplore les coupes du gouvernement Harper. «La façon dont ça a été fait, c'est méprisant, a-t-elle déclaré. Nous, les artistes, on se met à crier parce qu'on ne nous explique rien, comme un enfant à qui on coupe le dessert sans aucune explication.» |