PEREZ HILTONLa star des accros du ragotMarie-Joëlle Parent Le Journal de Montréal 21-08-2008 | 11h03
En moins de trois ans, Perez Hilton est devenu une star de la blogosphère. Son site de potins scabreux est visité par neuf millions de personnes chaque jour. Dire qu'en 2005, il n'avait pas assez d'argent pour se payer une connexion Internet. Entretien avec celui qui enflamme Hollywood. Chez les accros de ragots sur les célébrités, le site de Perez Hilton est un incontournable. Pas étonnant qu'il soit en tête du palmarès des stars du Web de la revue Forbes. «Je suis le Michael Phelps du blogue !» lance-t-il depuis son condo de Los Angeles, où nous l'avons joint mardi soir. Pour les non-initiés, perezhilton.com est un site de potins sur les vedettes aux commentaires crus, à la limite du vulgaire. Il altère des photos de ces dernières au crayon blanc, les faisant se retrouver avec de la poudre blanche sous le nez ou du sperme au coin de la bouche. Certaines vedettes sont dans ses bonnes grâces, comme les Jonas Brothers, Zac Efron et David Beckham. On dit qu'il a fait mousser la carrière de plusieurs vedettes émergentes, entre autres Katy Perry. Madonna, dans sa stratégie de promotion, lui a même concocté une vidéo personnelle. Aucun doute, Perez fait maintenant partie de l'équation. Avec le temps, son site a évolué, on y retrouve maintenant des nouvelles politiques. «Je suis comme le McDo du Net, il y a du contenu graisseux, mais aussi des trucs plus santé», dit celui que l'on surnomme The Queen of all media. Fils d'immigrants cubains, Mario Armando Lavandaira Jr, de son vrai nom, a grandi à Miami, en Floride. Assoiffé de célébrité, il rêve de devenir acteur. En 2005, il démarre son blogue et s'improvise un bureau dans un café du Sunset Boulevard parce qu'il n'a pas assez d'argent pour se payer Internet à la maison. Il crée alors le personnage de Perez, une parodie du nom de la starlette Paris Hilton, et adopte un look «dragqueenesque». Millionnaire C'est lorsque l'émission américaine The Insider taxe son site de «plus détesté à Hollywood» que le trafic y explose. Ça ne s'est jamais arrêté depuis. À 30 ans, il gagne des millions de dollars, une seule annonce dans son site coûtant 54 000 $ par jour. Les journées de Perez, elles, sont bouclées comme celles d'un homme d'État. Lever à 4 heures tous les jours. Courriels de 5h10 à 5h30. Capsule radio à 6 heures. Il travaille ensuite sur son blogue jusqu'à 16h15. À 16h30, il s'entraîne une heure au gym. (Trois années de blogage laissent leurs traces sur une silhouette.) À 18 heures, il se livre à quelques entrevues tout en soupant. On entendait même le bip de son microondes derrière durant l'entrevue. Il blogue ensuite jusqu'à 22 heures, heure du dodo. «Les trois premiers jours de la semaine, je ne sors même pas de chez moi, c'est comme ça que je suis efficace. Je travaille 16 heures par jour. Je ne prends jamais de vacances; pour moi, c'est une passion.» À un point tel qu'il doit changer de MacBook chaque année. Sa soeur Barbara agit comme assistante, c'est elle qui trie les centaines de courriels. Le cyberpotineur est alimenté en scoops par ses nombreux fans. Il se considère comme journaliste. «Je suis très rigoureux avec les faits», dit-il. Ça ne l'a pas empêché d'annoncer la mort de Fidel Castro avant le temps. Nouvelle qui a été reprise par certains médias aux États-Unis... Avec le succès vient aussi son lot de problèmes. Il a des poursuites de plusieurs millions de dollars sur le dos. Rien pour le freiner. «Je paie pour toutes les photos que je mets en ligne, maintenant. Et je fais plus attention dans la façon que j'écris les choses, je mets toujours la source», dit-il. Et qu'arrive-t-il quand il rencontre dans la rue une vedette de qui il a dit du mal ? «Normalement, j'essaie de m'enfuir !» CYBERPOTINEUR
|