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Give peace a chance - Film et livre sur la table
© Le Journal
Gail Renard, âgée de 16 ans, avec Yoko Ono et John Lennon lors de leur bed-in montréalais pour la paix, en 1969.

GIVE PEACE A CHANCE

Film et livre sur la table

Marie-Joëlle Parent
Le Journal de Montréal
16-07-2008 | 08h43
Cinq jours après avoir vendu les paroles de la chanson Give Peace a Chance aux enchères pour 840 000 $, le destin de la Montréalaise Gail Renard est changé. Des projets de film et de livre sont sur la table.

«Tout ce que je voulais, c'était me payer de nouveaux tapis!» lance Gail Renard au téléphone depuis Londres.

La scénariste de 55 ans s'exprime en anglais. Née et élevée dans le quartier Côte-des- Neiges, elle a déménagé à Londres à 20 ans pour vivre de ses écrits.

En 1969, Gail, alors âgée de 16 ans, s'est retrouvée au coeur du bed-in de John Lennon et Yoko Ono à l'hôtel Reine Elizabeth. Un coup de chance mêlé d'un cran hors du commun. Elle s'y est liée d'amitié avec Lennon, qui lui a offert un carton avec les paroles de Give Peace a Chance, chanson qu'il a écrite et composée dans cette chambre d'hôtel. «Ça vaudra peut-être quelque chose un jour», lui avait-il dit.

Jeudi dernier, la maison Christie's a vendu le manuscrit pour 840 000 $. «C'est complètement fou!» lance Gail.

Que va-t-elle faire de l'argent? «Je vais inviter mes amis au restaurant plus souvent, payer une croisière à mes parents (qui habitent Montréal) et acheter de nouveaux tapis!» dit-elle.

«Honnêtement, je ne pensais pas que ça allait se vendre. Mon plan B, c'était de le remettre à un musée», poursuit Gail.

Depuis quelques jours, elle enchaîne les entrevues avec les médias du monde entier - du Mexique à l'Espagne, en passant par l'Irlande, l'Allemagne et l'Amérique du Sud - et plusieurs chaînes américaines.

Pourquoi s'être départie du précieux manuscrit après 40 ans? «Pendant toutes ces années, il était accroché au deuxième étage de ma maison, personne ne savait qu'il était là. Depuis quelques mois, je m'étais mise à angoisser sur le fait qu'il lui arrive quelque chose, je l'avais même caché sous mon lit», explique Gail.

Elle voulait aussi remettre le message pacifique de Lennon au goût du jour. Pari réussi, le bed-in montréalais a défrayé la chronique. Même Paul McCartney, dans un concert donné à Liverpool début juin, a chanté Give Peace a Chance. «C'est de retour dans l'air», dit Gail, réjouie.

Film

Du reste, elle compte écrire un livre sur cette aventure, illustré de photos d'archives prises à l'aide de son petit appareil photo.

Du bed-in, elle garde de merveilleux souvenirs. Tous les soirs, Lennon la mettait dans un taxi pour qu'elle dorme chez elle. Et la drogue? «Je n'en ai jamais vu, John buvait plutôt du vin!» dit-elle.

Elle a aussi été approchée par des producteurs pour réaliser un film à partir de son histoire.

Après les huit jours du bed-in, Gail Renard a gardé contact avec Lennon. Ce dernier lui avait fourni un numéro de téléphone " magique " pour le joindre partout dans le monde.

Il l'a aussi aidée à se faire un nom dans le milieu journalistique. «Pour moi, ce fut un ange gardien, il m'a donné confiance en moi, m'a rendue brave», dit-elle.

Dire que sa mère a déjà voulu jeter le précieux carton...

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