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Judi et Yvon - D’amour et d’énergie
© Le Journal de Montréal
Yvon Deschamps et Judi Richards

JUDI ET YVON

D’amour et d’énergie

Marie-Joëlle Parent
Le Journal de Montréal
14-06-2008 | 04h00
Yvon Deschamps sera sur tous les fronts cet été. Sur scène à Joliette aux côtés de sa femme, au Palais Montcalm pour rendre hommage à son idole Charlie Chaplin et sur les plaines d’Abraham pour animer un des concerts du 400e anniversaire de Québec. Reposant ? « Pour moi, c’est des vacances », dit-il.

Judi Richards et Yvon Deschamps ont une énergie contagieuse même s’il fait une chaleur de farniente (la rencontre a eu lieu mardi dernier, avant qu’un orage violent secoue le Québec).

À 72 ans, Yvon pète le feu. Il a intérêt puisque son été s’annonce aussi chargé que celui d’un politicien en campagne électorale.

Il terminera d’ailleurs la belle saison dans la peau d’un homme politique avec le retour des Parlementeries en octobre prochain, 11 ans après la première édition.

Il sera le chef de l’opposition officielle, «L’Action démagogique du Québec!» dit Yvon, dont le bras droit sera André Sauvé. Ça promet au rayon de l’absurde.

À l’entendre parler de la commission Bouchard-Taylor et de la situation du français au Québec en 2008, on comprend qu’il n’a pas été long à convaincre.

«La politique ici, c’est un sport national et il ne se passe pas grand-chose depuis quelques années. On va peutêtre en apprendre plus de la part des comiques que de la part des politiciens! » rigole Yvon sous le regard amusé de Judi.

D’ici là, il a du pain sur la planche. «Je travaille comme quand j’avais 20 ans!», dit-il. Ça commence mercredi par un hommage à Charlie Chaplin au Palais Montcalm avec l’Orchestre symphonique, pour souligner le 30e anniversaire de sa mort. Pour l’occasion, Yvon se rendra à Québec au volant de la Bentley 1964 de Chaplin qu’il a achetée en 2000. «C’est ben confortable», précise Judi.

CHAPLIN

La passion d’Yvon Deschamps pour Chaplin ne date pas d’hier. Il avait cinq ans quand il a eu le coup de foudre.

Il est d’ailleurs né l’année de la sortie des Temps modernes. Le samedi, il allait à l’école pour voir des projections de ses films. «Chaplin m’a inspiré dans tout, c’est un personnage très profond. Quand tu touches l’âme d’une personne, tu touches l’univers au complet. Son propos est toujours très dramatique mais dans une forme où l’on rit. Il parle de l’absurdité de la vie, de ceux qui possèdent et ceux qui n’ont rien», dit Yvon. Même son petit-fils de deux ans, qui s’appelle d’ailleurs Charlie, est accro. Il fouille déjà dans la collection de DVD de son grand-père.

Yvon Deschamps pourrait parler de Chaplin pendant des heures. Il se souvient encore de la mort de l’acteur et réalisateur, le 25 décembre 1977. «Il a eu une vie mouvementée, il était battu à l’école, son père les a abandonnés, sa mère était malade, les États-Unis lui ont fait la vie dure, on le soupçonnait d’être un communiste…», raconte Yvon, qui a déjà rencontré le fils de Chaplin, Eugene. «Il m’a raconté que ses parents, après le souper, dansaient ensemble dans le salon et se tenaient la main dans le jardin en se promenant. Ils étaient amoureux jusqu’à la fin.» Chaplin avait épousé une femme qui avait 35 ans de moins que lui.

Quatorze ans séparent Yvon et Judi et ils sont aussi inséparables, même sur scène. Ils seront sur les planches tout l’été au Centre culturel de Joliette dans le spectacle Au septième ciel.

Ce spectacle, c’est le fruit d’un hasard. Il y a un an, Judi et ses copines de Toulouse, qu’elle n’avait pas vues depuis 20 ans, se réunissent sur le plateau d’Éric Salvail pour un hommage à George Thurston. La complicité est revenue instantanément, elles se souvenaient de toutes leurs chorégraphies comme si le temps n’avait rien effacé.

Le spectacle sera donc une suite de leurs meilleures chansons entrecoupée de monologues d’Yvon. Il en a prévu un pour lui et sa femme. De quoi parlera-t-il? «D’une part, on est très chanceux d’être ensemble, ça fait 41 ans qu’on se connaît. On est très bien, mais je ne comprends pas pourquoi, on n’a rien en commun!» dit Yvon. Ça ne les empêche pas d’être au septième ciel…

  • Circus, un hommage symphonique à Charlie Chaplin avec Yvon Deschamps, au Palais Montcalm de Québec le 18 juin.
  • Au septième ciel, avec Toulouse et Yvon Deschamps, au Cabaret Telus de la salle Rolland-Brunelle, au Centre culturel de Joliette.
  • Les Parlementeries, avec Yvon Deschamps, Daniel Lemire et Pierre Légaré, au Théâtre St-Denis du 28 au 31 octobre.
  • Viens chanter ton histoire, un hommage à la chanson québécoise avec Yvon Deschamps, le 15 juillet sur les plaines d’Abraham.
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