ÉLECTIONS AUX ÉTATS-UNIS«Un choix d'ouverture» - Gregory CharlesAgnès Gaudet Journal de Montréal 06-06-2008 | 09h44
Il estime toutefois que les Américains, «qu'on fustige beaucoup», sont «honnêtement du bon monde» et qu'ils vont faire un choix d'ouverture en élisant Barack Obama, un homme non seulement noir, mais «très articulé, très motivateur, émouvant, un candidat excessivement intéressant qui représente une nouvelle génération en politique». Pour Gregory, ce qu'est en train de réaliser Barack Obama aura une énorme influence sur toutes les personnes de race noire, latino ou non membre d'une majorité de couleur. Comme Kennedy, premier président catholique de l'histoire des États-Unis, l'avait fait à l'époque. «Les statistiques montrent qu'il est plus difficile de réussir sa vie professionnelle si on est noir, déclare Gregory, mais je résiste à la pensée de dire que c'est la première raison. Avoir le luxe de penser qu'un candidat noir peut devenir président des États-Unis va faire toute la différence.» Peur de la violence Malgré tout son positivisme, Gregory admet qu'il entretient des craintes. «J'ai peur qu'un geste de violence soit posé, dit-il. Ce serait tellement dommage pour ce pays-là. Non seulement parce que Barack est noir, mais parce qu'il représente le changement.» «Ça fait étrange de penser que les Noirs présents aux États-Unis y ont été d'abord transportés au pays comme esclaves et que 300 ans plus tard, un de leurs descendants peut devenir président. Je comprends toutefois que certains Noirs ne supportent pas Barack Obama. Ils ont tellement eu d'espoirs brisés. Je comprends leur doute. «Même s'il n'est pas élu, on aura enfin fait la preuve qu'un président noir au États-Unis ce n'est pas possible que dans les films.» |