«LE DERNIER DES GRANDS»Yves Saint-Laurent n'est plusMarie-Joëlle Parent Le Journal de Montréal 02-06-2008 | 08h13
Considéré comme l'un des créateurs les plus connus dans le monde et une des grandes figures de la mode au XXe siècle, Yves Saint-Laurent s'est éteint à l'âge de 71 ans, hier, à Paris. Funeste hasard puisqu'on célèbre ces jours-ci les créations d'Yves Saint Laurent (YSL) au Musée des beaux-arts de Montréal. «Il a tellement fait pour démocratiser la mode, les jeunes designers s'inspirent encore de ses smokings», souligne M. Poitras. Et pour cause: on doit à Yves Saint-Laurent le smoking pour femmes. Ils seront présentés mercredi dans la rue McGill. Sans surprise, Philippe Dubuc a choisi le fameux smoking. «C'est un jour très triste, mais on s'en doutait parce qu'il était très malade», a-t-il dit. «Il a libéré la femme» «Je suis presque sans souffle. On vient de perdre un grand bonhomme, poursuit Michelle Boulanger-Buissière de la Fondation de la mode de Montréal et instigatrice de l'École supérieure de mode. «Il a libéré la femme en lui permettant d'aller travailler en pantalon, je me souviens encore du plaisir de porter un tailleur», dit la dame de 70 ans. «C'était les événements les plus courus, tout le monde voulait savoir ce qu'il nous réservait», dit-elle. Picasso «Il a été pour la mode ce que Picasso a été à la peinture», ajoute Jean- Claude Poitras. Andy The Anh admirait beaucoup le créateur. Il a d'ailleurs créé une collection en son honneur au printemps 2006. «Il n'a jamais mis sa vie privée à l'avant-plan pour vendre des vêtements», souligne-t-il. Yves-Jean Lacasse, lui, ne cache pas s'être inspiré du côté ethnique d'Yves Saint-Laurent. «Ça me fascinait qu'il fasse du sur-mesure pour des princesses arabes», dit-il. M. Saint-Laurent, qui était né en 1936 à Oran, en Algérie, avait tiré sa révérence du milieu de la mode en 2002 après 40 ans de carrière. «Il avait quitté la mode parce qu'il ne comprenait plus tout le cirque commercial qu'était devenue la couture. «C'était un des derniers puristes», souligne tristement Philippe Dubuc. Ce qu'il a dit... «Rien n'est plus beau qu'un corps nu. Le plus beau vêtement qui puisse habiller une femme, ce sont les bras de l'homme qu'elle aime. Mais pour celles qui n'ont pas eu la chance de trouver ce bonheur, je suis là.» «J'ai essayé de montrer que la mode est un art.» «Pour être belle, il suffit à la femme d'avoir un pull noir, une jupe noire et à son bras un homme qu'elle aime.» |