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Radio - La vie pas toujours rêvée de Véronique Cloutier
© Le Journal de Montréal
Véronique Cloutier n’est pas une superwoman.

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La vie pas toujours rêvée de Véronique Cloutier

Agnès Gaudet
Le Journal de Montréal
19-04-2008 | 04h00
Véronique Cloutier n’est pas une superwoman, même si elle anime une quotidienne à la radio, qu’elle est mère de deux jeunes enfants, qu’elle fait de la télé et qu’elle est la boss d’une compagnie de production.

Depuis longtemps, Véro a laissé tomber le discours de la femme hyper-performante qui prétend pouvoir mener parfaitement à bien sa carrière et sa vie personnelle, un discours, croit-elle, sans doute un peu trop poussé par les femmes à une époque. L’animatrice des Midis de Véro à Rythme FM ne s’estime pas parfaite, loin de là. Elle s’accorde le droit de faire des erreurs et s’organise pour être bien entourée.

«Je ne suis pas capable de tout faire et j’ai de l’aide, dit-elle. Je fais mon possible et parfois, j’oublie des choses, j’en échappe. Il arrive que mes enfants partent sans tuque quand il fait froid, parce que j’avais autre chose en tête, que j’étais trop occupée. Le gâteau de fête de ma fille, que je voulais cuisiner moi-même avec du crémage rose et des bonhommes dessus, je me résigne à l’acheter parce que je n’ai pas le temps de cuisiner. Il ne faut pas idéaliser mon mode de vie.»

Véro trouve son compte dans ses horaires chargés.

Parce qu’ils sont irréguliers, il lui arrive d’être «dans le jus aucun sens», mais parfois c’est relâche et l’animatrice se rattrape. «L’été, je prends un mois de congé et un mois aux fêtes aussi, dit-elle. Je trouve l’équilibre au bout du compte.»

MILIEU COMPÉTITIF

Il semble que c’est la maturité qui parle ainsi.

Véro, 34 ans, qui animait cette semaine la 500e émission des Midis de Véro à Rythme FM (105,7), apprivoise aussi le métier avec une belle philosophie.

Quand elle parle des cotes d’écoute que tout le monde craint, sa théorie prend le dessus. Même si elle domine dans son créneau, l’animatrice garde la tête froide.

«Quand on commence, on ne veut pas se faire pas trop d’illusions. On signe un contrat de deux ans, une nouvelle aventure, on n’a pas d’attentes, raconte-t-elle. La radio est un milieu très compétitif où tout le monde – en ondes ou non – occupe un siège éjectable. C’est très dur, plus qu’à la télé, mais en même temps, très agréable. Tu ne peux pas faire semblant que la compétition n’existe pas, il y a de grosses pointures en radio. Tu te demandes s’il y a une place pour toi et en même temps, tu sais que des gens te font confiance.»

D’UN SONDAGE À L’AUTRE

Et puis le temps passe, faisant place au succès.

Véronique Cloutier est, de sondage en sondage, la préférée des auditeurs le midi.

«Alors on se dit: Ça marche, c’est le fun, poursuit-elle. C’est surprenant et on savoure naïvement le succès. On se dit que les gens sont ben fins de nous écouter, en sachant très bien qu’on est encore fragile. Puis à un moment donné, d’un sondage à l’autre, on s’aperçoit que l’intérêt et l’affection des auditeurs ne démordent pas. Là, on prend ça au sérieux et on se dit qu’il faut qu’on soit à la hauteur. C’est là le danger.»

Le danger? Pour Véro, il est de vouloir à tout prix éviter de s’asseoir sur ses lauriers ou, au contraire, de prendre des «décisions de panique».

«Je me dis que si les gens sont venus au Midis de Véro, c’est qu’ils aimaient le produit tel quel. Mais la ligne est bien mince entre déstabiliser les gens avec de nouveaux éléments de concepts et les ennuyer avec une vieille formule. Il faut naviguer là-dedans.»

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