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junos - Retour aux mondanités
© Le Journal de Montréal - Benoît Pelosse
Jérémie Côté, styliste, et Pascal Sauvageau, as du marketing, dans leur cabinet de stylisme montréalais.

JUNOS

Retour aux mondanités

Marie-Joëlle Parent
Le Journal de Montréal
07-04-2008 | 07h58

Après les cabinets d'avocats, de comptables et d'architectes, place au premier cabinet de stylistes au Canada. Deux Montréalais veulent révolutionner la façon dont les artistes québécois s'habillent. Ils ont du pain sur la planche.

C'est le genre de service qui court les rues à Hollywood. Au Canada et au Québec, c'est le néant. Les artistes sont laissés à eux-mêmes quand vient le temps de s'habiller pour un gala.

Besoin

"On répond à un besoin, il y a un manque, il faut créer un lien entre les artistes et les designers", assure Pascal Sauvageau, 35 ans.

Cet as du marketing a créé il y a 3 ans son cabinet du style avec Jérémie Côté, 35 ans, aussi styliste. Ce dernier a déjà gagné un concours mondial de mode au Japon avant de travailler avec Lara Fabian et pour plusieurs émissions de télévision.

On compte parmi leurs clients Anne- Marie Withenshaw, Sylvain Cossette, Mélanie Renaud et même Maman Dion!

À quoi sert un cabinet de stylisme? À soulager les stars du fardeau de trouver LA robe ou LE costard. Ils se chargent de tout. De la racine des cheveux jusqu'au bout des ongles.

Les artistes passent à leurs bureaux de la rue Iberville et essaient des vêtements, 100% canadiens. Ils s'occupent ensuite de dénicher un coiffeur et un maquilleur, peu importe où la vedette se trouve sur la planète. Tout ça pour un prix abordable, selon Pascal. «Mais c'est un service de luxe, on s'entend», ajoute-t-il. Les artistes moins fortunés ont le choix d'emprunter la robe.

Pascal et Jérémie se chargent du retour du vêtement au designer, évitant ainsi qu'il soit renvoyé dans un vulgaire sac de plastique comme c'est souvent le cas.

«On a même déjà vu des vedettes retourner une robe dans un publisac. Est-ce qu'on retournerait une robe chez Gucci ainsi?», déplore-t-il au sujet du manque de respect qui subsiste encore envers les designers canadiens. «Ce ne sont pas seulement les artistes, les stylistes aussi font ça», ajoute-t-il.

Efforts

Pascal Sauvageau est catégorique: les artistes pourraient faire plus d'efforts pour mieux s'habiller. «Il y a une rééducation à faire. Les vedettes ici n'ont pas conscience du pouvoir qu'elles ont», dit-il. Les artistes hésitent à approcher les designers parce qu'ils ne veulent pas déranger, selon lui.

Ils hésitent encore à s'habiller pour les galas «parce qu'au Québec, les vedettes veulent être près du peuple, elles ne veulent pas être perçues comme étant snobs par leur public. Sauf qu'on ne va pas à l'opéra en jeans, alors pourquoi on le fait pour les galas?» se questionne-t-il.

Le Québec est mûr donc pour un retour aux mondanités, selon Pascal Sauvageau. «Le côté mondain a été évacué des galas, contrairement à Toronto», dit-il.

Le duo veut redorer le blason de la mode canadienne, rien de moins. Gros mandat. Il planche d'ailleurs sur un nouveau projet qui a pour but de mieux faire connaître et circuler la mode canadienne. C'est à suivre...

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