JEAN-FRANÇOIS BREAUAmbassadeur de la langue françaiseMarie-Joëlle Parent 08-03-2008 | 04h00
Il aime bien ce titre d’ambassadeur de la langue française. Un rôle qu’il prend au sérieux. «Moi, aller inaugurer une radio francophone à Saint-Jean ou chanter pendant une heure devant des élèves en immersion en français dans une école à Miramichi au Nouveau- Brunswick, même si je suis payé des pinottes, c’est ça la VRAIE affaire», confie Jean-François Breau au bout du fil. Pas étonnant que les Rendez-vous de la francophonie l’aient choisi comme porte-étendard de leur 10e édition. «Je sais que ce sont de grands souliers à chausser que ceux de Véronique Cloutier, mais elle m’a officiellement passé le flambeau!» glisse-t-il. Jean-François a vécu 25 ans au Nouveau-Brunswick, il a grandi bercé par des airs autant en français qu’en anglais. «Mes parents m’ont donné le choix. À la maison, c’était aussi bien James Taylor que Patricia Kass, Stevie Wonder que Francis Cabrel», dit-il. Breau choisira tout de même le français pour exercer le métier qu’il considère comme le plus beau du monde. Il a pourtant commencé sa carrière dans la langue de Shakespeare. Pour une question de sonorité et d’intensité. Ça, c’était jusqu’à ce qu’il ait le coup de foudre pour une voix, celle d’Isabelle Boulay. «C’était à l’époque de son premier disque. C’est la voix qui m’a fait chavirer, qui avait cette même essence soul que je retrouvais dans la langue anglaise», explique-t-il. La transition vers la langue de Molière s’est ensuite concrétisée en 1997 au Festival de la chanson de Petite- Vallée, où il a assisté à des ateliers de langue et d’accents toniques des grands de la chanson comme Sylvain Lelièvre. C’est de lui qu’il a appris l’ABC de l’écriture. «Je prône maintenant le français avec ma musique depuis 10 ans», dit-il. Une langue qu’il a fait résonner partout sur la planète, de la Corée du Sud en passant par le Liban, grâce aux comédies musicales Don Juan et Notre Dame de Paris. «Pour nous, c’était impensable d’entendre du français à 18 heures d’avion de Montréal», dit-il à propos des fans coréennes qui s’efforçaient de lui adresser la parole en français. En terminant, comme les Rendez-vous organisent un concours de proverbes francophones, on ne peut s’empêcher de lui demander celui qu’il préfère. «C’est pas lui qui a mis les reverse sur les homards.» Qui veut dire? «C’est l’équivalent de Il n’a pas inventé la roue.» Aucun doute, il vient du Nouveau- Brunswick. Les 10es Rendez-vous de la francophonie, du 7 au 23 mars. www.rvf.ca.
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