Accueil Divertissement
 
JDM
Céline Dion - Rejointe au plus profond de son être
© Le Journal de Montréal
Céline est épatée par l’accueil du peuple sud-africain, qui au bout du monde fait jouer sa musique.

CÉLINE DION

Rejointe au plus profond de son être

Agnès Gaudet
Le Journal de Montréal
16-02-2008 | 05h00
JOHANNESBURG — Ce que vit Céline Dion en Afrique du Sud vient la chercher au plus profond de son être.

La chanteuse est sensible. Bien évidemment, dès les premiers jours, elle a saisi l’âme de l’Afrique du Sud. Quand on lui pose la question, elle répond trois mots clés pour expliquer ses sentiments: «Grande sensibilité, grande fragilité et grande émotion.»

Même si son séjour se passe souvent d’un bâtiment à un autre, Céline déclare qu’elle ressent l’énergie autour d’elle. Ce qu’elle retient de l’histoire de ce pays qui a été déchiré par l’apartheid est à la fois triste et rassurant.

«Ce que je retiens de l’histoire de ce pays, c’est une douleur qui va prendre du temps s’estomper, estime-t-elle. Pourtant, les gens ici sont d’une grande chaleur. Ça m’émeut beaucoup. Avec tout ce qu’ils ont vécu, je me demande comment ils font pour travailler, pour être passionnés, pour avoir le sourire, faire de la musique et continuer de servir encore ces gens qui les ont poussés hors de chez eux.

«Ils ont encore la passion de vivre et de sa battre pour exister. Et ici, on ressent le pouvoir et la grande force de tout ça. L’émotion est à fleur de peau.»

COMME UNE PRINCESSE

En Afrique du Sud, Céline est accueillie comme une princesse. Lors de la récente conférence de presse organisée pour les médias africains, ils étaient 300 à vouloir entendre ses réponses. Le lendemain, les journaux locaux regorgeaient de commentaires sur Céline, tous positifs. Dans l’édition locale du Times, notamment, on expliquait pourquoi la chance sourit à Céline.

«À la conférence, j’ai pris conscience qu’au bout du monde, on fait jouer mes disques, que je fais partie de leur vie. On se fait des images d’un pays. On ne connaît pas les coutumes des gens, leurs religions. On imagine à travers les livres, la télé. On se demande comment ils vivent, qui ils sont. Et voilà que j’arrive ici et qu’ils me donnent des doubles platines!»

La star était très attendue en Afrique du Sud. «Si j’avais pu, je serais venue avant», a-t-elle pris soin de justifier, en expliquant les contraintes d’une telle aventure. C’est d’ailleurs parce qu’elle a négligé ce pays qui l’adore qu’elle débute sa tournée mondiale Taking Chances au bout du continent africain.

UN «PLAN» POUR RENÉ-CHARLES

En Afrique du Sud, René-Charles va à l’école avec son professeur et le reste du temps, il préfère attendre ses parents pour jouer et faire des activités.

Céline Dion a un plan pour René-Charles, qui fera le tour du monde avec elle et René. Son professeur, une anglophone qui est venue les rejoindre avec ses deux jeunes enfants, lui fait la classe dans une chambre de l’hôtel où ils séjournent. Quand maman et papa travaillent, René-Charles apprend.

Pour ce qui est des activités extérieures, il préfère attendre ses parents pour les faire, attendre d’être avec eux pour nager dans la piscine ou visiter la volière de l’hôtel, quoiqu’il adore jouer avec les enfants de son prof et ceux de Patrick Angélil qui parfois se joignent à la tournée.

PAS L’ENFANT DU VOISIN

Céline ne s’en fait pas pour lui. Elle sait que son jeune est heureux d’être à leurs côtés, tout simplement. «Les enfants s’adaptent très bien, dit-elle. René-Charles n’est pas l’enfant du voisin et il n’a pas des parents qui-ne-font-pas-de-show-business. Il comprend qui on est. Il n’est pas poussé, pas caché non plus.»

Alors les jours de congé, Céline, lui et René vont tenter de profiter de leur séjour en terre africaine. La chanteuse souhaite faire un petit safari. Le projet est pour l’instant l’horaire.

«Je sais que la nature ici, ce n’est pas comme dans les livres ou les films, dit-elle. Ici, il y a quelque chose de très puissant qui ne mourra jamais. Ici, il y a cette nature humaine ou animale, une grande force qu’on veut voir, ressentir, mais en même temps qu’on ne veut pas déranger. Je respecte beaucoup ça», conclut-elle.

VENTE DE BILLETS: SURPRISE ET TOUCHÉE

Céline est surprise et touchée de la rapidité avec laquelle tous les billets des huit spectacles qu’elle va donner au Centre Bell à Montréal se sont envolés.

«D’où ils viennent tous ces gens-là qui ont acheté des billets pour venir me voir? C’est incroyable!» s’exclame la chanteuse.

«Je ne m’attendais pas à ça. Nous, on propose un album, on propose un spectacle et une tournée, mais je ne m’attends jamais à rien, pour ne pas être déçue.

«La réponse des gens de chez nous est touchante. Jamais je n’aurais espéré autant. Pour moi, un seul bon spectacle aurait déjà été une belle preuve d’amour. Huit spectacles, je n’aurais jamais espéré une telle réponse.

«Moi, j’avais juste besoin de 13 tickets pour ma famille!»

SE POSER DES QUESTIONS

Céline Dion rappelle qu’elle s’est absentée de l’industrie du disque au Québec durant cinq ans. Elle souligne aussi qu’elle a toujours considéré les Québécois comme ses premiers fans.

Elle admet qu’ils ont toujours été présents pour elle depuis le début.

«Cette fois, j’ai l’impression que c’est plus fort que jamais. Je suis moi-même surprise», dit-elle.

La chanteuse avoue qu’elle se pose parfois des questions. Est-ce qu’elle a encore des fans? Est-ce que ça fonctionne toujours? «Il y a tellement d’artistes extraordinaires, dit-elle, toute une nouvelle génération. Je me dis que c’est normal que la carrière s’assombrisse un peu avec le temps.»

Il n’est pas hors de question qu’une neuvième date soit ajoutée au Centre Bell.

haut