LE BORAT MONTRÉALAISDeux ans à épier les vedettesMarie-Joëlle Parent Le Journal de Montréal 09-11-2007 | 11h35
À Hollywood, les jeunes débarquent par centaines dans l'espoir de devenir acteurs. «Vous avez plus de chances de gagner à Loto-Québec», dit Ian Halperin au bout du fil depuis New York. Récemment, on a clôturé les fameuses lettres du Hollywood sign parce que des jeunes en détresse se jetaient en bas. L'image en dit long sur le broyeur de rêves qu'est Hollywood. Les élus sont peu nombreux. Corruption, drogues, casting couch, Ian a tout vu et tout écrit dans son livre Hollywood Undercover, qui paraîtra sous peu au Canada. Le bouquin de cet homme bien de son temps est compatible avec youtube.com. On peut donc visionner des extraits d'entrevues dans Internet. Le livre deviendra un film produit par Paramount en avril 2008. D'où la comparaison avec Borat. Montréalais d'origine, Ian Halperin, 43 ans, a étudié en journalisme à Concordia. Il a écrit neuf livres. Tous des best-sellers, dont plusieurs se sont retrouvés sur la convoitée liste du New York Times. Rolling Stone Magazine l'a déjà sacré meilleur journaliste d'investigation. Après une enquête sur le milieu de la mode (il s'est infiltré en se faisant passer pour un mannequin!), il a voulu vérifier à la source toutes les rumeurs qui alimentent Hollywood. Premier constat? «Hollywood, c'est pire qu'on croit, les Lohan et Spears, c'est la norme.» Il a vu le milieu des acteurs de très près, se frayant un chemin parmi les grandes productions, décrochant même un rôle dans The Aviator, de Scorsese. Le tout sans aucune expérience. Drogues Sur d'autres tournages, il a vu des actrices de 20 ans prendre de l'héroïne dans leur roulotte, d'autres se piquer sous les ongles d'orteils ou sous la langue pour ne pas laisser de traces. «C'est hors de contrôle», dit-il. Le casting couch est-il fréquent? «Oui. Il y a des histoires d'horreur. Une actrice du show Felicity a couché avec un directeur. Elle croit qu'il lui a versé du GHB (drogue du viol). Elle a voulu le poursuivre en cour, et elle n'a plus jamais travaillé à Hollywood», dit-il. Parce qu'il existe encore selon lui une blacklist semblable à celle des années 1940, à l'époque où les acteurs s'opposaient au maccarthysme. «Si une actrice couche avec un directeur de casting et qu'elle le dénonce ou porte plainte pour harcèlement, elle ne travaillera plus jamais.» Mais comment a-t-il réussi à s'immiscer ainsi dans les coulisses? En engageant une des meilleures publicistes de tout L.A., qui a convaincu tout le monde qu'il était membre de la famille royale israélienne. Lindsay Lohan On lui a ainsi ouvert la porte des partys privés des collines de Hollywood. «J'ai rencontré Lindsay Lohan un soir dans un party de film. Elle était avec deux mecs et des femmes nues qui tenaient un plateau de cocaïne. Voilà le genre de party à Hollywood», dit-il. Il a même attiré l'attention d'Anna Nicole Smith, avec qui il a eu une relation. Et après sa mort, il a cru qu'il était le père biologique du bébé. Avant qu'on découvre avec des tests d'ADN que c'était Larry Birkhead. «Elle était obsédée par la royauté. Elle avait toujours rêvé de marier le prince Andrew. Elle a demandé à me rencontrer. On s'est bien entendus. Elle prenait de la coke avec son fils devant moi», raconte Ian, qui n'hésite pas à révéler des noms dans ce livre dérangeant. Ce ne sont pas les poursuites qu'il craint, mais «qu'on engage un tueur à gages contre moi!» dit-il. Pour visionner des vidéos de Ian, taper His Highness Halperin dans youtube Hollywood Undercover sort sous peu au Canada chez Random House. Homophobe, Hollywood?«À Hollywood, 9 acteurs sur 10 sont gais. Pourtant, Hollywood est totalement homophobe», affirme Ian Halperin. «Le problème est que les directeurs de studios veulent le cacher pour ne pas perdre le public féminin», dit le journaliste, qui s'est fait passer pour un acteur gai avec son costume à paillettes. Et Tom Cruise, il est gai? «C'est un des seuls cas où je ne peux le prouver. Je n'ai jamais vu les évidences. Mais je peux vous dire que DiCaprio ne l'est pas.» Et John Travolta? «Oui, il était gai, mais l'Église de scientologie l'a déprogrammé», dit-il. Déprogrammé? «J'ai interrogé un ancien amant de Travolta, je l'ai sur vidéo. Il dit que Travolta avait peur de quitter l'Église et que la rumeur se répande, il a donc été déprogrammé de son homosexualité...» Scientologie Ian Halperin s'est d'ailleurs infiltré au sein de cette église qui compte plusieurs adeptes parmi les stars, dont Tom Cruise et Kirstie Alley. Pendant plusieurs semaines, il est allé voir sous le vernis de ce groupe nébuleux qui «contrôle Hollywood». «J'ai même réussi à entrer une caméra. ça ne s'était jamais fait. J'ai fait croire que mon oncle était très riche et qu'il pensait investir des millions de dollars dans l'église.» Il a voulu vérifier si les scientologistes étaient homophobes. «Oui, c'est le cas. Absolument. L. Ron Hubbard, le fondateur, pense que c'est diabolique», dit-il. Pourtant, beaucoup de rumeurs courent sur l'homosexualité de leurs membres. «J'ai interrogé l'ancien chef de la sécurité qui m'a dit que John Travolta était homosexuel, mais que l'église lui a mis de la pression pour qu'il marie une de ses membres, Kelly Preston», dit-il. Selon lui, l'organisation est puissante «parce qu'elle possède une grande partie de l'immobilier à Hollywood. Beaucoup utilisent l'église comme façon de sauver des impôts».
Les plus et moins sympasParmi les acteurs qu'il a rencontrés dans son enquête, voici le palmarès de Ian Halperin. Les plus sympas Les pires |