SOMMET DU MILLÉNAIREPatrick Huard pense aux enfants de ce mondeAgnès Gaudet Le Journal de Montréal 08-11-2007 | 12h25
Le Sommet du millénaire de Montréal, il faut qu'on en parle. C'est ce que ne cesse de répéter Patrick Huard, porte-parole de l'événement. L'humoriste et cinéaste veut à tout prix nous en convaincre et craint que les médias banalisent l'événement. «Les médias de la planète, rappelle- t-il, consomment les médias d'ailleurs. Si, à Montréal, on ne parle pas de l'événement, pourquoi les médias des autres villes le feraient-ils? Si on se demande si la pauvreté, la famine et la maladie sont vendables, c'est qu'il y a un problème et qu'il faut vraiment un sommet.» Patrick Huard, père d'une fille de dix ans, parle au nom des enfants. «Depuis le début de l'histoire de l'humanité, on envoie les enfants faire la guerre, dénonce-t-il, des kids âgés de 12, 13 et 14 ans dans certains pays, et nous, ici, on se trouve plus civilisés parce que les nôtres ont 22 ans. Peut-être que c'est à notre tour, les adultes, de nous battre.» Changer le monde Cette année, Patrick Huard s'implique encore davantage: «Deux jours de ma vie, ce n'est pas beaucoup pour essayer de comprendre», dit-il. Il anime aujourd'hui le Forum jeunesse, où des étudiants de partout viennent entendre des témoignages - notamment celui d'Ishmael Beah, ex-enfant soldat - entrecoupés de prestations musicales de plusieurs artistes qui ont répondu à l'appel, dont Dan Bigras, Vincent Vallières et Stéphanie Lapointe. L'an dernier, lors du premier sommet, Huard est sorti de là troublé et transporté par les messages véhiculés. Très positif et proactif, l'humoriste n'est pas «du genre à écouter les nouvelles et à se mettre en boule dans un coin du salon». Huard croit qu'on a le pouvoir de changer le monde et estime que tout passe par l'environnement. «Personne ne le croit, ça ne leur rentre pas dans la tête. Mais on peut tout changer. Le monde change, mais on ne s'en rend pas compte», dit-il, rappelant l'époque où ses parents conduisaient à 160 kilomètres à l'heure, une bière entre les jambes, et l'arrivée récente de la loi antitabac, alors que tout le monde a cru à la fermeture de tous les bars. «On peut changer le monde, renchérit- il, pas juste moi, Jean Charest ou Stephen Harper, mais le pouvoir de la rue. Quand les gouvernements vont sentir que dans la rue, ça va chercher des votes, ils vont appuyer Kyoto. C'est à nous de le leur démontrer ça.» Le Sommet du millénaire est avant tout un lieu de rencontre où des gens de partout et d'ici vont d'abord pour discuter. Certains vont dire que parler, ce n'est pas assez: «Comment on fait pour commencer quelque chose sans parler? questionne Huard. Parler, venir écouter, ce sont déjà des gestes tangibles qui existent.» Le 2e Sommet du millénaire se tient aujourd'hui et demain au centre Mont-Royal, rue Mansfield, et au Palais des congrès de Montréal. Le clou de l'événement est la grande conférence de demain ouverte au public, qui réunit de grands noms, dont Desmond Tutu, archevêque et Prix Nobel de la paix, Mia Farrow, Michael Douglas, Trudie Styler et Tim Robbins. Le site Internet du sommet est le www.smm-mms.org. Un projet très ambitieuxPatrick Huard ne se limite pas à ses tâches de porte-parole du Sommet du millénaire, il songe à fonder un projet pilote qui vise à soutirer 1% du salaire des gens directement de leur chèque de paye pour des oeuvres de charité. En plus de présenter plusieurs événements sur place et de faire parler de l'événement dans les médias, Patrick Huard a cette année une mission. Il compte s'informer sur les possibilités de mettre en oeuvre son projet et espère trouver une compagnie pour le parrainer: «Avec 1% de nos salaires, le monde changerait rapidement», croit-il. Pour encourager davantage les gens à adhérer à ce programme, Patrick a songé à quelques idées cool qui donneraient un sentiment d'appartenance et une fierté aux gens. Il croit même possible que des groupes de donateurs puissent aller remettre en mains propres leur montant aux organismes dans le besoin, «où que ça se passe». |