DIVORCES DE STARSUn puits sans fond de potinages... Pascale Lévesque Le Journal de Montréal 03-12-2006 | 07h36
Parlez-en à Britney Spears, qui n'a pas poussé une note depuis des mois et dont le nom est pourtant omniprésent dans les grands titres des tabloïds. La jeune maman a finalement donné son congé à Kevin Federline il y a plus de trois 0 semaines. La demande de divorce fait état de «différends irréconciliables». Heureusement pour Britney, leur mariage avait été précédé d'arrangements prénuptiaux. Federline essaiera quand même, on le devine, de tirer le maximum de profit de cette union. Arrangements prénuptiaux ou non, dans bien des cas, les demandes des ex-époux paraissent démesurées, voire loufoques. Face à tout ce brouhaha, un professeur associé à l'école des médias de l'Université de Montréal fait cette remarque : «Je ne suis pas spécialiste de la couverture des divorces hollywoodiens, mais devant tout ça, j'en déduis que les gens se demandent sans doute si c'est vrai», se questionne Michel Pichette. Il compare ces histoires aux nouveaux contes. «Les gens aiment se faire raconter des histoires, c'est pourquoi la couverture des divorces frappe tant l'imaginaire. Ça devient une fable», indique-t-il. Faire parler de soi «C'est une manière comme une autre de faire parler de soi. Ça reste loin dans ma mémoire, mais j'ai déjà entendu des histoires de vedettes qui divorçaient pour faire un coup de pub. C'est comme les compensations financières demandées par les conjoints : elles sont souvent exagérées par les médias», raconte-t-il. Les montants d'argent seraient apparemment beaucoup moins imposants dans la réalité que ce que laissent croire les gros titres. La stratégie est pour le moins efficace. «Ce qu'il y a de fascinant, c'est que même si on ne lit pas ces histoires-là, elles nous atteignent quand même. Il faudrait avoir les oreilles bouchées et les yeux fermés pour ne pas savoir que Britney Spears divorce !» lance-t-il. Rappelons-nous que le mariage nous a fait connaître Jessica Simpson et Nick Lachey, mais que ce n'est que depuis leur divorce qu'ils sont devenus de véritables stars. Enfin, il n'y a pas que du mauvais. Si, aujourd'hui, la couverture des mariages et divorces hollywoodiens est une stratégie économique, autrefois, elle a contribué à faire accepter au public le divorce comme un acte légitime, fait remarquer M. Pichette. Discrétion québécoise Chez nous, les artistes sont beaucoup plus discrets sur la question et les médias ont l'habitude de se garder une petite gêne. Il faut dire que le mariage est beaucoup moins populaire et, donc, lors d'une séparation, nos vedettes n'ont pas à affronter la cour. Le divorce de Lynda Lemay et de Patrick Huard a probablement été le plus médiatisé au cours des dix dernières années. Quoique... un bulletin de nouvelles ait déjà été interrompu par une dépêche annonçant la séparation du commentateur sportif Jean Pagé et de Lisa Marois... Un lapin sorti d'un chapeau n'aurait pas réussi à prendre davantage le public québécois par surprise, habitué à ce que les séparations se fassent en douce. Dernièrement, comme nous l'a fait remarquer au moins dix fois Louis-José Houde lors du dernier gala de l'ADISQ, Carl William et Chantal Pary déclaraient en une du Écho vedettes qu'ils se séparaient. Après la crise de cleptomanie de madame Pary, on peut se demander s'il ne s'agissait pas d'une opération de recherche d'attention. Finalement, comme les divorces et séparations dans notre Hollywood québécois passent plutôt sous silence dans les médias, le public affamé est prêt à considérer n'importe quelle rumeur. Julie Snyder, Pierre Karl Péladeau et Annie Villeneuve ont cet automne fait les frais de notre imaginaire collectif en la matière. Qui seront les prochains ? |