UNE DERNIÈRE SALLE COMBLEClaude Blanchard est porté à son dernier reposDavid Patry Journal de Montréal 02-09-2006 | 07h33
Seulement un peu plus de 300 d'entre elles ont pu assister à la cérémonie à l'intérieur de l'église de Saint-Sulpice, près de Repentigny. Les autres étaient massées près du parvis de l'église. Certains ont même dû garer leur véhicule jusqu'à trois kilomètres plus loin afin de dire un dernier salut à leur idole. Lors de leur entrée dans l'église, les visiteurs étaient accueillis par Louise Harrison, l'épouse de Claude, ainsi que ses enfants Stéphane et Christine. L'urne trônait devant l'hôtel, accompagnée d'une photo d'un Claude Blanchard resplendissant. Des arrangements floraux formaient les fameux «Une fois c't'un gars» et «Y'é 3 h on farme», propres au personnage. Malgré l'émotion palpable, les gens rassemblés souhaitaient avant tout donner un dernier coup de chapeau à Claude Blanchard. Ginette Reno a donné le ton en interprétant Que reste-t-il de nos amours?, la chanson fétiche de M. Blanchard. Des larmes ont alors perlé sur certaines joues. Voir aussi:
L'humoriste de cabarets et comédien a ensuite reçu une pluie d'éloges. Un poème préparé par sa fille Christine a d'ailleurs donné lieu à un des moments les plus forts de la cérémonie. Après avoir résumé la vie de son père et son enfance dans un quartier défavorisé, celle-ci a parlé de son caractère, dont elle a elle-même hérité: «Du Blanchard, j'en ai dans le nez», a-t-elle lancé, détendant l'atmosphère. Son ami Roger Sylvain de même que Dominique Michel et Pierre Marcotte ont aussi tenu à lui adresser quelques mots. «Claude fréquentait, on peut le voir aujourd'hui, des gens provenant de toutes les couches de la société avec un bonheur évident, a remarqué Pierre Marcotte. C'était un grand seigneur, toujours fier et élégant.» L'auteure Fabienne Larouche a quant à elle mandaté la comédienne Chantal Fontaine pour lire la lettre qu'elle lui avait écrite. «Je ne me sentais pas capable de le faire moi-même», a-t-elle confié. Un frisson a traversé la salle quand Ginette Reno a entamé la chanson L'Essentiel. Puis, sous le son des cloches, 74 colombes se sont envolées, tournant du même coup une grande page de l'histoire culturelle du Québec. Un dernier coup de chapeau
Que reste-t-il de Claude Blanchard? Des dizaines de bons souvenirs qui resteront gravés à jamais dans le coeur de ses collègues, parents et amis rassemblés hier pour ses funérailles. Les artistes rencontrés sur le parvis de l'église Saint-Sulpice, n'avaient que de bons mots à dire à propos de Claude Blanchard. Janine Sutto est arrivée au bras de Gilles Latulippe. «J'avais beaucoup d'admiration pour lui», a-t-elle dit avec un trémolo dans la voix. «C'est une journée triste. Évidemment, on est venu dire au revoir à notre grand chum», a poursuivi Gilles Latulippe. La ministre de la Culture et des Communications du Québec, Line Beauchamp, a souligné l'ampleur de l'oeuvre de Claude Blanchard. Les artistes ont surtout souligné son sens de l'humour, son amour du métier et sa générosité. Tous se rappelleront que derrière des allures de dur se cachait un homme au coeur tendre. Parmi les personnes présentes, notons les comédiens de Virginie, qui l'ont côtoyé jusqu'à tout récemment, dont Frédérick De Grandpré, Jean L'Italien, Chantal Fontaine, et l'auteure Fabienne Larouche. La célèbre Alys Robi s'était aussi déplacée pour l'occasion. La foule massée devant l'église l'a spontanément applaudie à son arrivée. «Bon voyage, Claude Blanchard», a lancé cette grande dame de la chanson. Michel Forget, Jenny Rock, Serge Bélair, André Lejeune et Michel Louvain, Andrée Boucher, Daniel Hétu, Danielle Ouimet, Francine Grimaldi, Dominique Michel, Pierre Marcotte, Yvan Ducharme, Michèle Richard, Luc Dionne et Hughette Proulx, entre autres, étaient également présents. |