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SELON LE PRODUCTEUR CHARLES TALAR

L'avenir de Guy Cloutier est en France

Dany Bouchard
Le Journal de Montréal
02-08-2006 | 07h52
Selon le réputé producteur français Charles Talar, complice de Guy Cloutier dans la création de Don Juan, l'ex-impresario québécois a beaucoup d'appuis en France pour pouvoir lancer sa carrière de consultant artistique en Europe, comme il a dit souhaiter le faire il y a deux semaines, à sa sortie de prison.

«Si je peux l'aider à remonter la pente, je le ferai», jure le producteur français, joint hier par Le Journal de Montréal.

«S'il vient à Paris, mon bureau lui est ouvert», ajoute Charles Talar, qui précise qu'il n'a, pour l'instant, rien de concret à lui proposer.

«C'est fini pour lui au Québec»

Selon M. Talar, Guy Cloutier peut aussi compter sur beaucoup d'autres producteurs français pour relancer sa carrière.

«Nous sommes quelques-uns à l'avoir fréquenté, à avoir travaillé avec lui», précise-t-il.

«Je pense que c'est fini pour lui au Québec. Il ne pourra jamais revenir. L'avenir professionnel qu'il a est en Europe», estime-t-il, précisant que les accusations portées contre l'ex-impresario sont passées, outre-Atlantique, «plus ou moins inaperçues».

«Au Québec, c'était une star de la production, une personnalité. C'était plus difficile», dit-il.

Tellement amusant!

Vieux routier du show-business français à l'oeuvre depuis le début des années 1960, Charles Talar a travaillé avec Johnny Hallyday, Serge Lama, Claude François, Dick Rivers et Francis Cabrel, pour ne nommer que ceux-là.

En France, il a produit plusieurs grandes comédies musicales, dont Notre Dame de Paris, Cindy et Don Juan, qui l'a amené à travailler plus étroitement avec Guy Cloutier au cours des mois qui ont précédé son arrestation.

«Il m'amusait tellement! Il était tellement de bonne humeur que je ne pouvais pas me douter», confie-t-il, disant garder un bon souvenir de leurs deux années de collaboration pour la comédie musicale.

«J'ai transmis mes amitiés à ses avocats et je lui ai parlé une fois au téléphone pendant qu'il était en prison», ajoute-t-il encore au sujet de son ami.

À Montréal la semaine prochaine

Charles Talar doit d'ailleurs débarquer à Montréal la semaine prochaine, lorsque reprendront les répétitions de Don Juan, et il a l'intention d'en profiter pour visiter Guy Cloutier.

«Je vais aller le voir chez lui», confie le producteur.

«Je ne lui demanderai pas d'explications. [...] Il ne m'a rien fait, je ne suis pas juge et je n'ai pas de pardon à lui faire», martèle M. Talar, répétant que Guy Cloutier «a été suffisamment puni».

Par Internet

Pour l'heure, Guy Cloutier aurait l'intention de donner ses conseils professionnels à partir de sa maison de L'Estérel, dans les Laurentides, en se servant d'Internet.

Bien qu'il ait été libéré de prison, Guy Cloutier devra consulter les ambassades et les consulats européens avant de pouvoir poser les pieds sur le Vieux Continent, selon le criminologue Robert La Haye.

«Aux États-Unis, c'est clair qu'il est barré aux douanes. [...] Les États européens, eux, sont moins sévères qu'aux États-Unis, mais c'est du cas par cas, d'abord selon le pays, mais aussi selon la nature des accusations, de la durée de la sentence qu'il lui reste à purger et des raisons de sa visite», explique Me La Haye.

dbouchard@journalmtl.com

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