VEDETTESLe grand retour d'Albert MillaireMichelle Coudé-Lord - Journal de Montréal 02-02-2003 | 11h43
Il y a deux ans, il était condamné. Un cancer de l’œsophage. Par miracle et grâce à des médecins-magiciens, il fut ramené à la vie. Après une année de durs traitements et un combat de tous les instants contre cette terrible maladie, Albert Millaire a pu renouer avec sa passion, le théâtre. Le réputé metteur en scène Serge Denoncourt lui ouvrit grands les bras pour jouer dans la pièce Oncle Vania de Howard Barker, inspiré de l’œuvre de Tchekhov au Théâtre de l’Opsis. «Une renaissance», confie l’unique Albert Millaire lors d’un entretien téléphonique. Et voilà que ce rôle qui marqua son retour à la vie lui vaut sa toute première nomination dans un gala des Masques. Un gala dont il est vraiment fier, car Albert Millaire fut un des grands initiateurs de cette Académie du théâtre. «Je suis si heureux d’avoir retrouvé mes camarades ! Au début, j’avais un trac terrible, mais je me suis dit: voyons, Albert, le théâtre c’est ce que tu fais de mieux, calme tes nerfs», raconte-t-il en riant.
Chirurgie de plus de cinq heures «Ça fait un énorme trou de vie et de mémoire. J’avais donc peur d’avoir de la difficulté à apprendre mes textes, mais tout est revenu grâce au travail, à la passion et au plaisir de ce métier.» Depuis, son agenda s’est bien rempli et Albert Millaire et le théâtre ne font qu’un à nouveau. Il jouera dans trois autres pièces en 2003. L’homme est comblé, mais le patient n’a pas oublié son combat. Il se dit d’ailleurs choqué, outré par cette crise terrible de notre système de santé. «C’est épouvantable de faire de la politique sur le dos des vieux et des malades. On se sent mal à l’aise d’être souffrants, on a peur de déranger. Il faut que ça cesse. Que nos politiciens agissent. La santé, c’est la priorité », souligne sur un ton ferme Albert Millaire, qui sait de quoi il parle, même s’il tient à ajouter à quel point il fut bien soigné par ses médecins.
Vive la vie et le théâtre ! Oui, il trouve que ce gala est important pour «promouvoir le théâtre». Il était très fier qu’on lui ait demandé de faire la publicité de ce 9e gala des Masques animé par Claude Poissant, un autre homme de théâtre, peu connu du grand public mais combien important dans ce milieu. L’an dernier, 350 000 téléspectateurs avaient écouté le gala des Masques, soit 12% des parts du marché à cette heure. «C’est important de publiciser notre métier. Les gens peuvent ainsi faire connaissance avec les têtes d’affiche de notre métier. L’Académie du théâtre est un instrument de promotion fantastique. Et je crois que nos cotes d’écoute sont honnêtes», ajoute Albert Millaire. Il vous convie donc à ce rendez-vous, ce soir, à 19 h 30, à Radio-Canada. Et s’il gagne comme meilleur interprète masculin dans un rôle de soutien, dites-vous qu’Albert Millaire revient de très loin. «Avant de jouer ce rôle, j’étais occupé à survivre», conclut-il. |