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Nouvellement marié - Robin Williams, version 2.0
© REUTERS/Fred Prouser
Robin Williams et son épouse, la conceptrice graphique Susan Schneider.

NOUVELLEMENT MARIÉ

Robin Williams, version 2.0

Kevin Williamson
12-11-2011 | 04h00
LOS ANGELES – À l’âge de 60 ans, Robin Williams est nouvellement marié pour la troisième fois de sa vie. Donc, quand il décrit Ramon, le manchot éperdu qu’il interprète dans Les petits pieds du bonheur 2, comme un «romantique fini», il sait de quoi il parle.

Le mois dernier, Williams a épousé la conceptrice graphique Susan Schneider. En 2008, l’acteur avait divorcé de Marsha Garces, avec qui il a eu deux enfants, Zelda, âgée de 22 ans et Cody, âgé de 19 ans. Williams et sa première épouse, Valerie Valardi, ont également eu un fils, Zachary, âgé de 28 ans.

Williams et Schneider se sont rencontrés un peu avant un autre événement charnière dans la vie de l'acteur: une chirurgie à cœur ouvert, pour remplacer sa valve aortique.

Des transformations, du côté professionnel, également, puisque Williams a fait ses débuts sur Broadway, dans Bengal Tiger at the Baghdad Zoo.

Vendredi, le 11 novembre, il est revenu – sa voix, du moins – au grand écran, dans la suite au film original de 2006, Les petits pieds du bonheur.

Nous avons discuté, récemment, avec l’acteur oscarisé, à l’hôtel Beverly Hills:

Au cours des dernières années, vous avez promené votre spectacle d’humoriste Weapons of Self-Destruction et vous êtes produit sur Broadway, mais pour le cinéphile moyen, il semble que vous ayez disparu de la circulation.

«Ça fait deux ans, je crois, depuis Tout un papa. Deux années folles. Le stand-up sur scène, puis le spectacle sur Broadway pendant cinq mois, puis le mariage, et Paris. ‘Où as-tu été?’ Ici et là. La vie a été bonne.»

Avez-vous senti le besoin de changer, sur le plan professionnel? Vous tourniez sans cesse des films.

«Rien ne se passait depuis un petit bout de temps, la pièce est arrivée et je me suis dit, ‘Ouais, ça vaut la peine d’essayer.’ La seule vraie raison qui m’ait fait accepter de la faire, en fait, c’est que la femme de mon gérant l’avait vue et avait dit que c’était très puissant. Ça valait réellement l’effort. C’était, effectivement, très puissant et étrangement spirituel.»

Ce genre d’expérience recharge-t-elle vos batteries créatives?

«Ça recharge votre désir de vous entourer d’une écriture et d’un jeu d’acteurs de qualité. Avec un ensemble d’acteurs de cette trempe, l’expérience est absolument fascinante. J’ai trouvé ça inspirant, aussi, d’être sur Broadway, dans cette communauté, et de voir d’autres pièces.»

Le théâtre est l’un des derniers rituels anciens à être encore pratiqué.

«C’est effectivement un rituel ancien. Mais il est toujours aussi vivant. C’est comme la comédie en direct. C’est une tout autre paire de manches.»

Vous dites, de votre personnage de Ramon, dans Les petits pieds du bonheur 2, qu’il est un romantique invétéré. Vous revenez de votre troisième lune de miel. Cela doit donc vous décrire, également.

«Bobcat Goldthwait en avait une bonne à ce sujet. Il disait qu’un troisième mariage, c’était comme un grand brûlé à un spectacle pyrotechnique. On se dit, ‘Mais, qu’est-ce que je fais?’ Puis on pense, ‘Hé! Ça vaut la peine; je suis partant parce que c’est une femme merveilleuse.’ Je suis dans une nouvelle phase de ma vie, plus présent. Suis-je Larry King? Non. Je veux que cette fois soit la bonne. Il devrait y avoir une règle des trois prises. Si vous voulez retourner encore une fois sur l’autel, il faut sacrifier une partie de votre corps.»

Quelques années ont passé depuis votre opération. Quelle en est votre perspective?

«Ça vous fait apprécier plus profondément chaque chose. Plus encore pour les hommes, je crois. Ils défoncent, littéralement, la boîte aux émotions, pour s’y rendre. Ça vous ouvre, sur ce plan. Vous êtes vulnérable, physiquement, mais les émotions sont très présentes. Aujourd’hui, c’est la version 2.0 de moi. On se dit, ‘Tu as ta deuxième chance, que vas-tu en faire?’ Ces événements vous incitent à l’humilité. Et ce que j’en retire, c’est l’envie de faire des choses intéressantes, avec des personnes intéressantes.»

Parce qu’au point où vous en êtes, vous n’avez plus rien à prouver.

«Seulement à soi-même. Vous êtes, habituellement, votre critique le plus implacable. Il y a toujours cette voix qui résonne, inlassablement, ‘Mais que fais-tu donc?’ Alors, il faut se dépasser. La plupart des artistes entendent deux voix intérieures. Une qui leur dit qu’ils sont un cadeau de Dieu et l’autre, qui déplore leur manque total de talent. Je n’entends pas de voix qui me dit que je suis un cadeau divin, mais une voix qui me dit ‘Tu es bien.’ J’ai aussi une voix qui me répète que je suis minable. Et une voix honnête qui me dit, ‘C’était bien, mais tu peux faire mieux.’»

Vous avez tout un passé, en animation. Dix-huit années ont passé depuis que vous avez tourné Aladdin, une participation marquante, à l’époque. Auparavant, les acteurs célèbres ne prêtaient jamais leur voix à des films d’animation. Aujourd’hui, tout le monde le fait.

«Le premier jour (sur Aladdin), je leur ai demandé si je pouvais essayer des choses. Et 20 heures plus tard, ils avaient 40 personnages différents. J'ai trouvé ça génial de les voir s’inspirer de mes voix. Ils ont, ainsi, dépassé le cadre de la méthode traditionnelle. Personnellement, j’ai regardé Les petits pieds du bonheur 2 en 3D et je me suis senti comme un enfant. Dans le cas d’Aladdin, je me suis glissé dans une salle de cinéma et j’ai juste écouté tous ces gens rire, enfants comme adultes, répondant parfois à des références particulières à leur groupe d’âge respectif et d’autres fois, riant de concert. Je me suis dit, ‘Ça, c’est ce qu’il y a de mieux. C’est un don. Si tu as réussi ça, la journée a été bonne.’»

Ambiance d'équipe

Pour une fois, ils ont vécu une véritable expérience de travail en groupe.

Plutôt que d’enregistrer leurs rôles séparément, comme c’est habituellement le cas dans la plupart des productions d’animation, les membres de la distribution vocale de Les petits pieds du bonheur 2, notamment, Elijah Wood, Robin Williams, Hank Azaria, Common et Sofia Vergara, ont été réunis en Australie, pour interpréter leurs rôles respectifs de manchots.

«Ça a été une des expériences les plus gratifiantes, sur le plan créatif, tous médias confondus», a dit Azaria, l’alter ego de personnages d’animation comme Moe et Apu dans Les Simpsons.

«À mon âge vénérable et irascible, je préfère habituellement enregistrer seul, comme sur Les Simpsons, par exemple. Je trouve que le fait de me concentrer m’aide à trouver des variations à mon personnage. Quant à cette expérience communautaire, j’ai trouvé ça non seulement amusant et chaleureux, mais la complicité du groupe créait un cadre dynamique pour répéter et trouver son personnage. J’ai joué dans des pièces de théâtre où la distribution était moins unie et l’expérience, moins gratifiante.

«Nous avons fait plusieurs prises, et des gens s’occupaient de savoir où nous étions rendus. Surtout avec Robin, c’est important de savoir où l’on en est.»

Comme l'a dit Williams, lorsque Vergara a prêté sa voix à Carmen, l’objet des ardeurs amoureuses de son personnage, Ramon, Tout est rendu en 3D, dans la pièce.

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