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© Photo D'Archives |
«J’ai vu comment certains médias fonctionnent ici», dénonce l’auteur Ian Halperin, qui estime avoir été mal traité sur le plateau de Tout le monde en parle. |
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IAN HALPERIN | ENTREVUE
L'auteur dénonce Radio-Canada
Michelle Coudé-Lord
13-04-2010 | 04h00
Ian Halperin part en guerre contre
Radio-Canada,
Tout le monde en
parle et ses animateurs. L’auteur
juge avoir été mal traité sur le plateau
de l’émission dimanche soir. «C’était une
attaque préméditée», martèle-t-il.
Ian Halperin, qui estime que l’entrevue
dif fusée dimanche soir lui est
dommageable, est en discussion avec ses
avocats pour tenter d’établir ses recours.
«Ils ont un agenda prémédité, dit-il au
sujet de Guy A. Lepage et Dany Turcotte.
Je respecte la liberté de presse, mais
quand il y a une vendetta...»
Ian Halperin s’est présenté sur le plateau
jeudi soir avec ses lunettes fumées
au visage et des bagues du Québec aux
doigts. À quelques reprises, Dany Turcotte
a réagi à ses propos en répétant
qu’il disait n’importe quoi.
«Ils voulaient juste me détruire et je
ne peux pas accepter ça», dit l’auteur.
Propos antisémites ?
Selon Ian Halperin, sa participation à
l’émission (regardée par 1 789 000 téléspectateurs)
est d’autant plus dommageable
qu’il estime avoir été visé par des
propos antisémites dans un segment de
l’entrevue qui n’a pas été diffusé. Ian
Halperin raconte que Claude Robinson,
un autre invité, l’a comparé à Ronald
Weinberg, le fondateur de Cinar contre
qui il se bat en cour depuis des années.
«Je lui ai demandé d’expliquer et il n’a
pas voulu, plaide Ian Halperin, fils d’un
survivant de l’Holocauste.
«Il y avait des phrases antisémites
lancées contre moi. (...) Ça s’est passé
devant la foule en studio, et je n’accepte
pas ça.»
L’auteur compte maintenant déposer
une plainte à la Commission des droits
de la personne pour mettre la main sur le
ruban complet de l’enregistrement et
pouvoir ensuite le diffuser, question de
laisser la chance au public de se faire une
idée sur les événements.
«On a vu les vraies couleurs de l’émission,
dit Ian Halperin. C’était ma première
grande entrevue à la télé et je
pensais que ça serait plus balancé»,
déplore-t-il.
Comme un lynchage
L’éditeur de Ian Halperin, Pierre
Turgeon, de la maison d’édition Transit,
dit n’avoir jamais rien vu de tel.
«C’est ignoble. C’est un peu comme
dans la cour d’école, qu’une gang entoure
quelqu’un et qu’on se met à le tapocher et
à l’insulter alors que le gars est tout seul.
C’est un peu comme du lynchage, comme
de la xénophobie. (...) Il a été traîné dans
la boue. Je n’ai jamais rien vu d’aussi
ignoble à la télé.
«Robinson n’a pas arrêté de sortir des
noms juifs pendant qu’il parlait. Comme
si le fait qu’il soit juif (Ian Halperin), ça
le rendait coupable, que ça expliquait son
caractère.»
Pierre Turgeon affirme qu’une telle
situation est inacceptable au petit écran.
«Si le CRTC permet qu’un tel lynchage
soit possible, qu’on fasse un tel abus de
pouvoir (...), il y a quelque chose qui
cloche. Si la Commission des droits de la
personne accepte que ça se fasse, il y a
quelque chose qui cloche.»
Selon Jacques Primeau, l’un des
coproducteurs de l’émission, Guy A.
Lepage et Dany Turcotte n’ont aucun
«agenda».
«Ce n’est jamais le cas et ça ne l’était
pas cette fois-là. Il n’y a rien de planifié.»
Selon lui, Ian Halperin n’a jamais été
visé par des propos antisémites, «ni dans
ce qui a été diffusé, ni dans ce qui ne l’a
pas été».