CULTUREVincent Gratton, un homme de convictionVanessa Guimond 09-09-2008 | 23h52
Est-ce votre première visite à Saint-Tite?
Êtes-vous un amateur de musique country? Je le suis doucement devenu. Car dans la famille, quand j’étais petit, nous écoutions plus du folk, genre Bob Dylan. Mon grand-père du côté de ma mère écoutait du country. Grâce à mon grand-père, je me suis initié à ce genre musical. De toute façon, je dois dire que ça m’a toujours énervé les préjugés qu’on entretient par rapport à la musique country ou par rapport à toute forme d’art populaire. Je ne crois pas que nous devrions être méprisants envers ces formes d’art.
Vous animez une nouvelle émission, La culture pour les nuls, sur les ondes de ARTV, dont le but est justement de contrer les idées préconçues. Vous pouvez nous en dire plus?
Vous êtes une personne très engagée. Vous avez déjà manifesté votre indignation par rapport au gouvernement conservateur et les coupes qu’ils ont annoncées dans le domaine de la culture. Quel message souhaiteriez-vous lancer à la population en vue des prochaines élections fédérales? Ensuite, les artistes sont sortis dans la rue, mais ce qui m’a surpris, c’est que je pensais qu’il y aurait une certaine unanimité au niveau de la population. J’ai entendu des choses du genre: «Les artistes sont tous des BS», «Pourquoi subventionner la culture?», «Ce sont tous des bébés gâtés», etc. Je pense que les gens ont une perception de notre réalité qu’il faut changer. La réalité des artistes est très dure. Il y a seulement 2,5% des artistes qui font plus de 50 000$ par année. Les salaires moyens tournent autour de 20 000$ dollars. Ensuite, je ne pense pas qu’il y ait un milieu où le salaire horaire est aussi bas. Personne ne compte ses heures et c’est un compromis essentiel pour réussir. Parallèlement à cela, il y a une étude du Conference Board qui est sortie le jour même de la première manifestation qui disait que le PIB lié à la culture équivaut environ à 7,5% de l’économie canadienne et que la culture génère 84,5 milliards. Je crois que nous devons assumer que ça requiert des investissements. Ça rapporte aussi des bénéfices non quantifiables, comme la formation humaine, la conscience, l’intelligence, le patrimoine collectif et la créativité. Ce sont des choses extrêmement précieuses. Sachant cela, je m’attendais vraiment à ce que les Québécois questionnent Harper et lui disent: «Tu nous dis que tu veux nous reconnaître comme nation, mais tu ne respectes pas notre culture qui est l’expansion de ce que nous sommes?»
Quelles actions comptez-vous entreprendre au cours de la campagne? Quand un gouvernement ne reconnaît pas la culture, ne reconnaît pas qu’il y a des problèmes gouvernementaux et est le seul pays industrialisé qui a encore des hommes à Guantanamo, je crois personnellement qu’il y a un problème. Je vais me battre pour que Stephen Harper ne passe pas au Québec. Il ne faut pas que son gouvernement soit majoritaire. Modestement, je vais dire haut et fort ce que je pense. |