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Culture - Vincent Gratton, un homme de conviction
© Photo SRC
L’acteur Vincent Gratton lors de son passage au Festival Western de Saint-Tite.

CULTURE

Vincent Gratton, un homme de conviction

Vanessa Guimond
09-09-2008 | 23h52
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Le comédien Vincent Gratton était de passage au Festival western de Saint-Tite vendredi dernier à l’occasion du lancement de l’album du groupe country les Westeners. En plus d’encourager ses collègues de l’Auberge du chien noir, Vincent Gratton a aussi profité de son escapade dans la municipalité de Saint-Tite afin de rencontrer les festivaliers et signer quelques autographes.

Est-ce votre première visite à Saint-Tite?
Oui, mais j’en avais déjà entendu parler, par contre. J’ai vraiment été étonné de l’ampleur de l’événement. C’est une fête populaire incroyable! Je n’en reviens pas. Il y a même des gens qui décident de faire des restaurants dans leur entrée de garage. J’ai trouvé ça assez hot. C’est tellement sympathique. Les gens sont aussi vraiment gentils. Ils sont là pour la fête, tout le monde se parle. J’aimerais y retourner avec mes grands, aller voir un rodéo peut-être.

Êtes-vous un amateur de musique country?

Je le suis doucement devenu. Car dans la famille, quand j’étais petit, nous écoutions plus du folk, genre Bob Dylan. Mon grand-père du côté de ma mère écoutait du country. Grâce à mon grand-père, je me suis initié à ce genre musical. De toute façon, je dois dire que ça m’a toujours énervé les préjugés qu’on entretient par rapport à la musique country ou par rapport à toute forme d’art populaire. Je ne crois pas que nous devrions être méprisants envers ces formes d’art.

Vous animez une nouvelle émission, La culture pour les nuls, sur les ondes de ARTV, dont le but est justement de contrer les idées préconçues. Vous pouvez nous en dire plus?
Toutes les formes de préjugés m’énervent. Autant pour la culture populaire que la culture d’élite comme l’opéra ou la poésie. L’idée de cette émission est de prendre certains préjugés et de les défaire. Nous faisons vivre une expérience aux gens. Nommons nos préjugés et allons au bout de cela. Nous recevons des invités qui prennent position, par exemple pour ou contre la musique country. Et le public réagit bien. Nos invités y sont pour beaucoup. Par exemple, une fille comme Marie-Josée Lord, en opéra, c’était un bon coup, car elle est une bonne communicatrice. C’est certain que plus nous avons de bons vulgarisateurs, sympathiques et pas prétentieux dans leur approche, plus le message passe bien. Nous avons aussi fait un contre casting, nous avons par exemple demandé à Louis Champagne, qui aime le country dans la vie, de se positionner contre. Alors que Didier Lucien, qui déteste ce genre de musique, plaidait pour.

Vous êtes une personne très engagée. Vous avez déjà manifesté votre indignation par rapport au gouvernement conservateur et les coupes qu’ils ont annoncées dans le domaine de la culture. Quel message souhaiteriez-vous lancer à la population en vue des prochaines élections fédérales?
Il y a tellement de choses à dire dans cette histoire-là. Je dois dire que le milieu des arts et de la culture n’est pas contre le questionnement. Il se peut effectivement qu’il y ait des programmes qui n’aient plus lors raison d’être. C’est surtout la façon dont la ministre Verner n’a pas défendu le projet qui est aberrant. Visiblement, elle n’est pas au courant des réalités que nous avons. Elle nous disait pratiquement: «Nous coupons et nous penserons après.» Deuxièmement, elle a manqué de courage politique. Je l’ai dit souvent, si c’était encore Mme Frulla qui avait été là, elle aurait certainement démissionné.

Ensuite, les artistes sont sortis dans la rue, mais ce qui m’a surpris, c’est que je pensais qu’il y aurait une certaine unanimité au niveau de la population. J’ai entendu des choses du genre: «Les artistes sont tous des BS», «Pourquoi subventionner la culture?», «Ce sont tous des bébés gâtés», etc. Je pense que les gens ont une perception de notre réalité qu’il faut changer. La réalité des artistes est très dure. Il y a seulement 2,5% des artistes qui font plus de 50 000$ par année. Les salaires moyens tournent autour de 20 000$ dollars. Ensuite, je ne pense pas qu’il y ait un milieu où le salaire horaire est aussi bas. Personne ne compte ses heures et c’est un compromis essentiel pour réussir. Parallèlement à cela, il y a une étude du Conference Board qui est sortie le jour même de la première manifestation qui disait que le PIB lié à la culture équivaut environ à 7,5% de l’économie canadienne et que la culture génère 84,5 milliards.

Je crois que nous devons assumer que ça requiert des investissements. Ça rapporte aussi des bénéfices non quantifiables, comme la formation humaine, la conscience, l’intelligence, le patrimoine collectif et la créativité. Ce sont des choses extrêmement précieuses. Sachant cela, je m’attendais vraiment à ce que les Québécois questionnent Harper et lui disent: «Tu nous dis que tu veux nous reconnaître comme nation, mais tu ne respectes pas notre culture qui est l’expansion de ce que nous sommes?»

Quelles actions comptez-vous entreprendre au cours de la campagne?
Je vais essayer de sensibiliser la population. Je vais dire aux gens de s’imaginer une petite maison où il n’y a plus rien sur les murs, plus de livres, plus de télévisions, plus de radios… J’espère que cette image puisse faire réaliser des choses aux gens. Je pense que toute cette histoire va au-delà de la culture et que c’en est aussi une de valeurs.

Quand un gouvernement ne reconnaît pas la culture, ne reconnaît pas qu’il y a des problèmes gouvernementaux et est le seul pays industrialisé qui a encore des hommes à Guantanamo, je crois personnellement qu’il y a un problème. Je vais me battre pour que Stephen Harper ne passe pas au Québec. Il ne faut pas que son gouvernement soit majoritaire. Modestement, je vais dire haut et fort ce que je pense.