À 70 ANSJane Fonda fait le pointLiz Braun - Sun Media 04-05-2007 | 14h58
Alors que la plupart des femmes qui souffleront bientôt 70 bougies se reposent ou jouent avec leurs petits enfants, la superstar américaine, consacrée meilleure actrice aux Oscars en 1971 et 1978, tient en effet un rythme qui épuiserait bien des gens dans la trentaine. Après avoir renoué avec le grand écran dans le film à succès Monster In Law en 2005 – la même année où parut son autobiographie intitulée My Life So Far, propulsée en tête de liste des best-sellers du New York Times – Jane Fonda fait maintenant la promotion d’un nouveau long métrage qui plaira au grand public dès sa parution ce vendredi. Il s’agit de Georgia Rule, une histoire de secrets, de mensonges et d’indulgence au sein d’une famille dysfonctionnelle. Fonda y tient l’un des rôles principaux, aux côtés de Lindsay Lohan et Felicity Huffman. Mais ce n’est pas tout: Fonda a été extrêmement occupée ces derniers temps, puisqu’elle s’est associée avec Gloria Steinem pour faire la promotion du Women’s Media Center (une ONG qu’elle a contribué à mettre sur pied en 2004) ainsi que du réseau de radio interactive GreenStone Media, entièrement administré par des femmes, et dont les émissions destinées à un public féminin sont diffusées aux États-Unis depuis l’automne dernier. À cela s’ajoute l’engagement régulier de l’actrice au sein de la Campagne pour la prévention des grossesses adolescentes en Géorgie (G-CAPP), qu’elle a lancée en 1995. En fait, il faudrait la totalité de cette page pour dresser la liste complète de tous les programmes sociaux, médicaux et humanitaires dans lesquels s’implique Jane Fonda. Croyez-le ou non, Jane Fonda a aussi le temps de jouer avec ses petits enfants! Ces derniers, ainsi que sa fille Vanessa Vadim, vivent à proximité dans le même quartier d’Atlanta. Rappelons que Fonda a eu trois maris, soit le cinéaste Roger Vadim, l’activiste Tom Hayden, avec qui elle a eu un fils (l’acteur Troy Garity), ainsi que le magnat des médias Ted Turner. Franchement, nous en avons assez d’entendre parler de tous vos projets. Alors quoi de neuf dans votre vie personnelle, Mme Fonda? «Eh bien, j’ai une nouvelle hanche», répond-elle timidement, «et un nouveau chum», ajoute-t-elle pleine d’enthousiasme. «J’ai commencé à faire la recherche pour mon prochain livre et je suis en général très heureuse. Ceci dit, j’étais aussi heureuse auparavant. Quand je suis active, je le suis totalement. Et quand je ne le suis pas, je tombe dans un état méditatif vraiment génial. Je reviens justement de mon ranch, où j’ai passé 10 jours de solitude complète.»
Toutefois, la discussion se réoriente rapidement sur les programmes d’éducation et d’autonomisation des femmes, tels que G-CAPP, dans lequels Fonda s’implique corps et âme. «Lorsque j’étais mariée à Ted Turner, l’État de Géorgie avait le plus haut taux de grossesses non désirées aux États-Unis», dit-elle. «J’étais ambassadrice de bonne volonté pour les Nations Unies à l’époque, et en assistant à certaines conférences, j’ai appris que la meilleure manière d’enrayer ce phénomène est de donner aux adolescentes plus d’espoir, d’estime de soi et de contrôle sur leurs vies grâce à l’éducation. La confiance en l’avenir est, pour ces jeunes filles, la forme de contraception la plus efficace.» Grâce aux efforts entrepris par G-CAPP, la Géorgie ne détient plus le record national des grossesses non désirées. «Ce programme est une véritable vocation pour moi. En tant qu’adolescente, j’avais beaucoup de privilèges, mais je n’avais aucun contrôle sur mon propre corps, et je ne pouvais parler à personne de ce genre de choses. Je suis donc très sensible à cette réalité.» Dans My Life So Far – autobiographie mentionnée plus haut – Fonda décrit de nombreux faits tragiques de son adolescence, dont le manque notoire d’empathie de son père envers elle, ainsi que le suicide de sa mère alors qu’elle n’avait que 12 ans. Jane Fonda dégage d’ailleurs une grande vulnérabilité, qui semble prendre racine dans l’insécurité et les peines de sa jeunesse. Voilà qui est difficile à concilier avec les attributs de sa monumentale carrière. Fonda a été tour à tour actrice, activiste politique et féministe, productrice, auteure, travailleuse humanitaire et – bien entendu – déesse de l’entraînement physique. Ses 23 vidéos de la série Jane Fonda's Workout détiennent encore aujourd’hui le record du plus grand vendeur mondial au box-office domestique. Fonda a vécu plus de 40 ans sous l’œil des caméras – assez longtemps, en fait, pour que l’aguichant film de science-fiction Barbarella, qui l’avait fait connaître en 1968, fasse bientôt l’objet d’un remake. Et alors? «J’aurais adoré y jouer de nouveau», dit-elle d’un air désenchanté. Fonda a même été jusqu’à s’entretenir avec le producteur Dino De Laurentiis, pour lui faire part de ses idées au sujet de ce film. «Mais Dino avait déjà fait ses choix.» Fonda ne serait toutefois pas fâchée que les cinéphiles créent un forum pour discuter de ses idées. Que dire par exemple d’une Barbarella de 70 ans, «provenant d’une planète où l’amour, l’intimité et le rire sont monnaie courante», affirme-t-elle, «et dont les habitants veulent partager leur sagesse»? Pour l’instant, Fonda s’estime très heureuse de figurer dans la distribution de Georgia Rule. Et au contraire de ce qu’en rapportent certains forums Internet, elle est une grande admiratrice de sa collègue Lindsay Lohan. Georgia Rule, dans lequel Fonda incarne la grand-mère sévère de Lohan, traite de sujets délicats tels que l’alcoolisme et l’inceste. «Je crois que Lindsay a été tout simplement fantastique», affirme une Fonda élogieuse. «Certains admirateurs de Lindsay ont vu le film et ont adoré sa performance, mais ont ensuite demandé “qui est cette vieille grébiche à ses côtés?”», ajoute-t-elle en éclatant de rire. La vieille grébiche dont il est question aurait-elle encore des objectifs dont elle souhaiterait nous entretenir? Et Fonda de répondre: «Mon ambition, avant de mourir, est de faire un film qui traite de la sexualité des gens de plus de 70 ans!» |