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Amy Lee |
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EVANESCENCE
Les personnalités multiples d'Amy
Philippe Rezzonico
Le Journal de Montréal
06-10-2006 | 06h51
«Tout ce que vous voyez, c'est moi!», dit la chanteuse.
En photo ou sur scène, la beauté et la féminité d'Amy Lee font contrepoids à ses yeux perçants et à son univers sombre. Qui est en réalité la chanteuse du groupe Evanescence? La somme de toutes ses parties, assure-t-elle.
«Tout ce que vous voyez, c'est moi!» dit-elle, lorsque jointe par téléphone depuis Toronto, hier, à quelques heures du début de la tournée du groupe.
«Il y a des moments dans la vie où je suis plus confiante. Je suis une fille...
- Dans un monde d'hommes ?
«(Rires). En effet, c'est ce que je me dis parfois. Je n'étais pas sûre de moi dans le temps, mais là, je laisse plus aller les choses d'elles-mêmes. Sur scène, à cause de notre musique sombre et lourde, on me voit dans des vêtements foncés et j'ai une présence scénique dans le même ton. Mais tu ne peux toujours être comme ça. Présentement, je porte des bottes grises, une blouse pourpre... J'ai une personnalité à multi-facettes qui se reflète dans notre musique.»
Justement, le disque The Open Door, paru mardi, favorise les guitares mordantes et les pulsations denses, le tout enveloppé de mélodies accrocheuses.
«Toutes mes émotions y sont présentes. Il y a un équilibre entre l'ambiance sombre et les guitares lourdes d'un côté, ainsi que les mélodies, les choeurs et les cordes de l'autre», précise celle qui sera ce soir au Métropolis avec ses collègues.
Second souffle
The Open Door est le premier disque d'Evanescence qui ne porte pas la double signature de Lee et du guitariste Ben Moody, l'autre cofondateur qui a quitté le navire. Cette fois, c'est le guitariste Terry Balsamo qui a travaillé étroitement avec Lee.
«Ce fut une expérience complètement différente. J'ai beaucoup changé depuis mon adolescence. Je ressens moins l'insécurité et je suis plus en contrôle de la situation. Avec Ben, il y avait des règles non écrites. Avec Terry, on a fait voler en éclats toutes les règles. Trouver un autre partenaire d'écriture comme ça, c'est géant! Tu ne sais jamais où ça va te mener. Il faut faire confiance à l'autre et accepter de montrer tes côtés vulnérables.»
Sur le disque, on repère aisément les compositions qui s'adressent à Moody (All That I'm Living For) ou à l'ancien ami de coeur de Lee, Shaun Morgan, du groupe Seether (Call Me When You're Sober).
«Les propos ne sont pas tant spécifiques à une personne en particulier, mais ils représentent ma réaction à des gens. C'était le cas pour beaucoup de chansons de Fallen, c'est le cas pour toutes celles de The Open Door. Pour moi, composer une chanson, c'est l'occasion de purger tout ce que j'ai en mon for intérieur. Les fans y trouvent différents niveaux d'interprétation et c'est bien ainsi.»
«Je suis la grande soeur de toutes nos fans»
«Je sais que beaucoup de jeunes filles m'observent de près. La notion de modèle auprès des jeunes est liée à ton niveau de popularité. Parfois, ça me fait peur de penser que tant de gens me scrutent.»
Quand on vend 14 millions d'exemplaires d'un disque (Fallen) qui récolte deux Grammys, on devient d'emblée une personnalité publique qui influence la jeune génération, qu'on le veuille ou non. Amy Lee en est bien consciente.
«J'avais 14 ans quand on a mis le groupe sur pied - en 1996. Les jeunes filles s'identifient à moi pour différentes raisons, notamment parce qu'elles savent qu'on a vécu les mêmes affaires.
«Je garde les deux pieds sur terre, parce que j'ai deux plus jeunes soeurs auprès desquelles je représente LA grande soeur. Dans le fond, je suis la grande soeur de toutes les filles qui aiment notre groupe.»
Univers gothique
Si la musique d'Evanescence oscille entre des pôles lourds et mélodiques, son univers est sombre et fortement lié à la période gothique, période qui tourmentait Kimveer Gill, l'auteur de la tuerie de Dawson.
Le grand public fait-il preuve de méconnaissance envers les musiques lourdes et l'univers gothique?
«Je crois qu'il y a des formes de méconnaissance envers tous les grands artistes et tous les genres musicaux. Quant à la tragédie de Montréal, la seule chose que je peux dire, c'est que la musique ou le monde gothique n'ont rien à voir avec ça. Ce type était visiblement un malade. Je crois que de tels comportements proviennent de la confusion et de la douleur que ressentent les gens dans leur quotidien.»