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Normand Brathwaite - L'hélico plutôt que la Volvo
©PC
Normand Brathwaite sur scène lors du Gala des Jutra

NORMAND BRATHWAITE

L'hélico plutôt que la Volvo

Brigitte McCann
Le Journal de Montréal
22-09-2006 | 08h23
Normand Brathwaite se sert de moins en moins de sa Volvo de l'année. Il prend l'hélicoptère. Payé près de 350 000$, le bolide, qu'il a ramené de Los Angeles, lui permet d'aller luncher à Saint-Zénon, entre deux enregistrements à Montréal.

Pourquoi Saint-Zénon? Pour le pâté à la truite.

Le Journal l'y a accompagné la semaine dernière. «Non mais, c'est pas le paradis, ça!?» s'exclame l'animateur du Match des étoiles et de Belle et Bum, balayant d'un regard heureux le centre-ville de Montréal qui défile à 1000 pieds sous lui.

Il est 12h30. Normand Brathwaite a faim. Trente minutes plus tôt, il sortait des bureaux de Télé-Québec, après une réunion pour son show musical Belle et Bum.

Le même que TVA

Le temps de se rendre en taxi à l'héliport du Journal de Montréal (l'un des deux seuls sur l'île), son pilote et ami Normand Dubé avait déjà atterri, aux commandes de son hélicoptère Robinson 44 neuf acheté au printemps, le même modèle que celui de TVA. «Mais le mien est beaucoup moins équipé», précise Brathwaite.

Hormis ses lunchs la semaine, il l'utilise pour aller à sa résidence de Gaspésie et à son autre demeure de la région d'Ormstown.

Lui-même ne pilote pas. Ça ne l'intéresse pas. En fait, ça l'inquiète trop. «C'est sensible en maudit, ce petit manche-là !» déclare-t-il. Son pilote s'empresse de démontrer qu'il n'a pas tort, recréant en deux secondes un effet montagnes russes.

Pour le paysage

Lorsqu'il prend place dans l'habitacle translucide, Brathwaite préfère regarder tranquillement le paysage passer de la ville aux champs aux collines boisées... jusqu'à Saint-Zénon, dans Lanaudière. Et penser à la double portion de pâté à la truite qui l'attend, entre Saint-Michel-des-Saints et Sainte-Émélie-de-l'Énergie.

Sa table habituelle est réservée, à la fenêtre du restaurant sur la berge du lac Clair, où nagent tranquillement, bien en chair, des spécimens argentés et mouchetés. Loin du trafic. Dans le bois. Avec les amateurs de chasse et de pêche.

Son spot de vacances instantanées

Le restaurant de la pourvoirie Réal Massé, c'est son spot, son refuge. Contrairement aux visiteurs habituels, il ne pêche pas, ne chasse pas l'ours ou l'orignal, ne se baigne pas... «Je viens ici parce que sinon, j'aurais jamais de vacances», dit-il.

Ses vacances instantanées durent le temps d'un lunch, à plus de deux heures de route de Montréal en voiture. Mais Brathwaite, lui, s'y retrouve en 35 minutes. Il fait remarquer que c'est moins de temps qu'il n'en faut pour traverser le centre-ville de Montréal à l'heure de pointe. Ou pour retenir l'attention d'un serveur dans un resto branché sur Saint-Denis. «Ici, tu vas voir, le pâté à la truite, il arrive assez vite!» dit-il fièrement.

Minuscule (3,2 mètres de haut), l'hélico se pose entre trois bateaux de pêche. Les planches du quai flottant n'ont pas plus de 25 pieds de large. Le léger hélico y atterrit pourtant avec facilité. Un parking idéal.

«On m'applaudissait!»

«Les premières fois, quand j'arrivais ici, on m'applaudissait, dit Brathwaite en souriant. Je sais que ça fait pesant, un hélicoptère.» Mais pour lui, c'est un moyen de transport comme un autre.

Ses lunchs d'affaires, il les amène ici, deux ou trois fois par semaine. Certains collègues ou journalistes aussi. «Ce n'est pas que je veuille faire du charme aux journalistes, c'est juste que sinon, je ne volerais pas», justifie-t-il.

À cette heure-ci, la plage est vide. Mais dans le restaurant, les tables sont presque toutes occupées. Même ici, entre les murs ornés de trophées de pêche, de têtes et de derrières (!) de chevreuils empaillés, l'animateur n'y échappe pas. Il signe quelques autographes et serre des mains. «Il fallait que je vienne vous voir», lui raconte Noëlla Cloutier, 88 ans, en lui prenant doucement la main.

Vers 14h30, il repart, rassasié par le pâté et un feuilleté aux bleuets. Il doit rejoindre Vincent Graton en fin d'après-midi pour l'enregistrement de troisième épisode du Match des étoiles, rue René-Lévesque.

De retour dans son hélico, il sait qu'il peut relaxer. Il est en avance.

Animer un gala est de plus en plus stressant

Le Match des étoiles est un «beau cadeau» pour un animateur, mais c'est Belle et Bum, à Télé-Québec, qui est le «bébé personnel» de Normand Brathwaite.

Sa job préférée: être un découvreur de jeunes talents ethniques, avec sa coanimatrice, Claudine Prévost.

Alors qu'ils hésitent parfois à le faire ailleurs, les Arabes, les Juifs, les peaux noir foncé, noir pâle, beiges et blanches se côtoient sur le plateau de Belle et Bum.

«On a déjà eu une Arabe et une Juive sur le même show et elles ont chanté ensemble», souligne-t-il avec fierté.

Ce qui fait dire à l'animateur: «Si Télé-Québec n'existait pas, on serait un peu dans la m... pour certains aspects de la culture au Québec.»

Et dans quelle autre émission pourrait-on le voir jouer «de la tête d'âne mort»? Pour vrai. «Ils loussent les dents du crâne, tu fesses sur la mâchoire et ça fait “gong”», explique-t-il.

Brathwaite se souvient très bien de l'instrument unique en son genre... parce qu'il l'a cassé en direct à la télé. «Le gars (propriétaire) voulait me tuer! J'ai jamais été gêné de même de ma vie!»

Les galas

Par ailleurs, après avoir animé 18 galas des prix Gémeaux et un des prix Jutra cette année, le trac qui le rend malade avant chaque gala qu'il anime ne diminue pas avec le temps. «C'est de pire en pire, dit-il. Parce que je sais tout ce qui peut ne pas marcher.»

Par exemple: «Plus la soirée avance, plus le monde est en tab...» Surtout lorsqu'un nominé remporte presque tout, comme ce fut le cas du film C.R.A.Z.Y. au dernier gala des Jutra.

«Je pédalais-tu, tu penses? lance Brathwaite. C'était rendu que j'avais peur de dire le mot CRAZY. J'avais peur qu'on m'arrache la tête!»

Les invités de Belle et Bum ce samedi à 21h: Les Denis Drolet, Marc Déry, Vincent Vallières, Térez Montcalm, l'Argentin Tomás Jensen et Sophie Prégent.

Un retour à la radio en 2007

Six mois après son divorce fort médiatisé de CKOI, Normand Brathwaite prépare son retour à la radio... l'an prochain.

L'ex-morning-man montréalais a décidé de reprendre le micro à l'automne 2007. Quel sera son horaire? À quelle station? Il n'est pas encore fixé. «Je suis au stade des rencontres», dit-il.

Les offres n'ont pas manqué cet automne, mais Normand Brathwaite préférait prolonger sa «pause-radio». «Je ne me sentais pas prêt physiquement et psychologiquement à y revenir tout de suite», dit l'animateur, qui a passé 18 ans à CKOI.

Pour mieux se reposer, il a aussi refusé un rôle dans la télésérie Le Négociateur (Brathwaite, le comédien, a joué à la télé dans les classiques Chez Denise, Peau de Banane, Pop Citrouille, etc.), rôle qui l'aurait obligé à travailler tout le mois d'août. «Les deux dernières années m'ont beaucoup fatigué», rappelle-t-il.

Et pourquoi ne reviendrait-il pas à la radio en janvier? Il serait prêt, mais... «Ça ferait bizarre, répond-il. Il faudrait déplacer quelqu'un après une moitié de saison, ce que je ne veux pas faire, parce que je ne voudrais pas qu'on me le fasse.»

Brathwaite a quitté CKOI en mars dernier, éprouvé par un conflit l'opposant à son coanimateur, Jean-René Dufort. Il animait l'émission matinale Y'é trop de bonne heure (de 6h à 9h) depuis plus d'une décennie.

De cet horaire il garde des «séquelles». «Je me réveille encore à 4h du matin! assure-t-il. Sauf que là, je me rendors à 7h.»

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