GUY LALIBERTÉÀ l'école des cosmonautesDany Bouchard Le Journal de Montréal 26-08-2009 | 04h53
MOSCOU, Russie - Trente-cinq jours séparent Guy Laliberté de son rêve. Avant de s'envoler vers la station spatiale internationale, l'homme d'affaires québécois redouble d'efforts et ne compte plus les heures d'entraînement. Depuis le 10 mai, Guy Laliberté s'entraîne à Star City, une ancienne base militaire russe, à 32 kilomètres au nord-ouest de Moscou. La petite ville (qui compte une école, une station-service et un seul restaurant) est constituée de quelques bâtiments, envahis par la végétation et figés dans les années 60.
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«En moyenne, je dors quatre ou cinq heures par nuit depuis que je suis arrivé ici», confie-t-il, l'air tout de même en forme, le sourire radieux et le regard vif.
Un voyage de deux joursÀ Star City, Guy Laliberté ne chôme pas. Les journées d'entraînement comptent de huit à douze heures chacune, menées par une armée de professeurs. «Là, c'est l'intégration de la pratique et de la théorie avec mon équipage. On a trois semaines, pas plus que ça. C'est ça qui est rushant», explique-t-il. Deux semaines avant le lancement, lui et ses coéquipiers (Maksim Surayev, le commandant de l'Agence fédérale spatiale russe, et Jeffrey Williams, l'ingénieur de vol de la NASA) seront en quarantaine. Le jour du lancement, ils s'installeront dans le petit module de la fusée TMA-16, de neuf mètres cubes. Tous trois resteront assis dans leurs sièges pendant trois heures avant de pouvoir accéder au deuxième étage de la capsule (où se trouve l'eau, les toilettes et les aliments). Au terme du vol de deux jours, ils arrimeront leur capsule à la Station spatiale internationale. «Il y a à peu près 80 % des astronautes, ou cosmonautes, qui ont 24 à 48 heures d'adaptation, puis souvent, ça finit par des médicaments, des injections», indique Guy Laliberté. Après les salutations d'usage, ils réviseront une nouvelle fois les mesures d'urgence avant de s'installer. «Je suis juste un visiteur, ça fait que je vais probablement coucher sur le divan», dit Guy Laliberté en riant.
Quelques expériencesTous les cosmonautes ont un agenda préétabli, qui indique les moments et possibilités de communication, ou leur horaire de travail. «Ce monde-là a des petits travaux à faire sur la station. Il y en a qui ont des expériences, de la manutention. Il faut que je sois disponible pour certaines tâches. Dans mon contrat, ça dit que je vais avoir des tâches. Pour l'instant, j'ai plus l'impression que ça sera de supporter du travail. Je ne pense pas qu'ils demandent à quelqu'un comme moi de faire des gros travaux», dit-il, en s'attendant à «devoir partir des systèmes», ou s'occuper de l'eau. Là-haut, il a lui-même quelques petites expériences liées à l'eau qu'il veut réaliser. Il sera aussi passablement occupé à tour ner un documentaire (déjà en cours), à livrer son message poétique («je ne sortirai pas dehors pour cracher du feu et je ne jonglerai pas dans l'espace», prévient Guy Laliberté en promettant toutefois un projet «ambitieux», «à l'échelle planétaire»), et finalement, photographier et filmer la Terre vue de l'espace. «J'ai fait une série de points GPS que j'aimerais shooter. Je vais faire aussi du captage de points d'eau sur la terre.» Jeffrey Williams, lors de son dernier voyage dans l'espace de six mois, a pris 85 000 clichés, «un record», indique Guy Laliberté qui entend bien profiter de son expérience. Au terme de son séjour de douze jours dans l'espace, Guy Laliberté reviendra dans une autre capsule Soyuz, avec deux autres coéquipiers. Les autres touristes civils de l'espace : Dennis Tito (en 2001), Mark Shuttleworth (2002), Gregory Olsen (2005), Anousheh Ansari (2006), Charles Simonyi (2007 et 2009) et Richard Garriott (octobre 2008). |