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Patrick Huard - La face cachée du succès
©Jacques Bourdon, Le Journal de Montréal
Patrick Huard

PATRICK HUARD

La face cachée du succès

Agnès Gaudet
Le Journal de Montréal
17-11-2007 | 05h00
Comme le huard, la valeur de Patrick grimpe en flèche. Pourtant, malgré les succès et la grosse cote d’amour du public qui le suit partout, les offres de travail ne se font pas plus nombreuses.

Depuis un bon bout de temps, tout ce que le Huard touche se change en or. Au cinéma, ses films Bon Cop Bad Cop, dans lequel il joue, et Les 3 P’tits Cochons, le premier long métrage qu’il a réalisé, ont été parmi les plus grands succès du cinéma québécois. À la télé, Taxi 0-22 a été un hit, avec un départ fulgurant de 1,7 million de téléspectateurs à l’écoute. Mais le succès ne change pas grand-chose pour l’acteur et cinéaste. Malgré la valeur du Huard, pas d’offres l’horizon. Patrick est le premier surpris par ce silence.

«Ici, on deale bizarrement avec le succès. Au Québec, on est vraiment étranges, affirme-t-il sans cacher sa déception. Après un succès comme Bon Cop en France ou aux États-Unis, dès le lendemain, on serait submergé d’appels téléphoniques. Ici, la chienne nous pogne quand ça marche. On se met des balises inutiles. On l’a souvent dit, on est nés pour un p’tit pain, même quand le pain ne fitte plus dans le four.»

DÛ POUR UN MÉCHANT PARTY

Patrick Huard étale ses convictions tout bonnement, avec un sourire qui va et vient. Il essaye de tourner sept fois sa langue dans sa bouche. Mais ça fonctionne rarement. La plupart du temps, il dit ce qu’il pense, sec et net. On l’a vu cette semaine quand il a dénoncé publiquement les gains énormes que font les producteurs et distributeurs de films, comparés au maigre salaire des réalisateurs, créateurs des longs métrages eux-mêmes.

Dans ces reproches, il s’inclut aussi et admet que lui aussi négocie régulièrement avec ses craintes intérieures.

«J’ai la chienne et je doute de tout ce que je fais, admet-il. Mes prédictions pour Les 3 P’tits Cochons étaient de 2 millions de dollars au box-office. À 2 millions, je m’étais dit je vais crier wow. J’avais promis de faire un party. On est rendus à 4,7 millions. Il va falloir que je fasse un méchant party!»

NOUVEAU DADA

Patrick Huard se complimente sur une chose: «Dans la vie, assure-t-il, je n’ai pas peur de dire ce que j’aime et ce que je compte réaliser.» Longtemps, il a parlé de son envie de passer derrière la caméra. Finalement, on l’a cru. Il a convaincu tout le monde.

La réalisation est devenue le nouveau dada de Patrick Huard. Quand il l’affirme, un large sourire s’accroche à ses lèvres. Pour son bébé Taxi 0-22, série dans laquelle il joue le personnage principal de Rogatien en plus de produire et de réaliser, il a de quoi satisfaire son besoin d’expression et il prend son pied. Il a l’eau à la bouche rien qu’à nous parler de la saison II actuellement en montage.

« Taxi 0-22, c’est beaucoup de travail, admet-il. Chaque épisode contient de 14 à 16 pages de textes et il faut un jour et demi de tournage pour chacun. L’an prochain, on en prendra deux, sinon c’est trop épuisant. Mais j’adore ça», dit-il.

TOUS LES CHAPEAUX

Lors de chaque tournage dans la voiture de taxi ou au snack-bar chez Paul Patates à Pointe-Saint- Charles (où les steamés/frites sont imbattables) Patrick porte tous les chapeaux. Tantôt il visionne les scènes en play back, tantôt il rend ses textes devant les caméras. Il voit à chaque détail, un exploit possible grâce à ses collaborateurs, ses «yeux extérieurs», dont Josée Fortier, productrice au contenu, Pierre Ouimet, adjoint au réalisateur, et la première assistante, Émilie Malo, sa blonde.

La réalisation va comme un gant à celui qu’on découvert comme humoriste. Dans son style, on reconnaît son humour. Patrick se démène là-dedans comme un vieux pro. Il a plein d’idées. Le boulot convient à sa personnalité.

«Depuis l’âge de six ou sept ans, dit-il, j’ai toujours fait plein d’affaires. J’ai été scout, j’ai chanté dans la chorale, j’ai fait de l’impro, j’ai livré les journaux, j’ai travaillé pour une organisation communautaire. Comme réalisateur, tu as ton mot à dire sur chaque chose. Ça me convient.»

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