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Au royaume des paparazzis - Complètement fous
© Journal de Montréal/Martin Bouffard
Paris Hilton tente de sortir du restaurant M. Chow à Beverly Hills. Les paparazzis entourent sa voiture pendant plusieurs minutes, la mitraillent de flash et partent à sa poursuite. Une scène quotidienne à Los Angeles.

AU ROYAUME DES PAPARAZZIS

Complètement fous

Marie-Joëlle Parent
15-09-2007 | 06h47
LOS ANGELES | C'est une ville où les stars sont traquées comme des animaux de foire. Dix ans après la mort de Diana, rien n'a changé, a appris Le Journal de Montréal en s'immisçant dans l'industrie des paparazzis pendant 10 jours.

À Los Angeles, capitale notoire des paparazzis les plus agressifs, des photos exclusives de Britney Spears peuvent valoir jusqu'à 250 000 $ US et un simple cliché de Paris Hilton 150 000 $ US.

Les images du corps d'Anna Nicole Smith ont rapporté 1 M$ US.

«C'est la vidéo de paparazzi la plus chère jamais vendue!» se vante Gary Morgan, directeur de Splash News, la plus grande agence de paparazzis dans le monde.

Avec de tels montants, on comprend pourquoi certains paparazzis sont prêts à risquer leur vie et celle d'autrui dans des filatures à haute vitesse sur l'autoroute.

D'autres sont prêts à attendre 18 heures dans leur voiture, quittes à pisser dans des bouteilles d'eau, pour photographier une star.

«C'est plus dangereux aujourd'hui que ça ne l'a jamais été. C'est le chaos total», dénonce Blair Berk, avocate de Britney Spears et Lindsay Lohan, deux des stars les plus traquées.

«C'est clair que quelqu'un va bientôt être blessé ou va même mourir», affirme-t-elle.

Diana

Il y a 10 ans, la princesse Diana est morte à Paris dans un accident de voiture après avoir été prise en chasse par des paparazzis.

Ces derniers ont été sévèrement blâmés dans l'opinion publique et le marché européen, reconnu comme très agressif, s'est soudainement calmé.

Mais il y a cinq ans, l'industrie a redémarré à Los Angeles, jusqu'à devenir aujourd'hui d'une ampleur jamais vue, même en Europe.

«Ça coïncide avec l'arrivée de nouveaux magazines à potins, qui ont flairé l'intérêt du public pour ce genre de photos», explique François Navarre, directeur de l'agence X17 à Los Angeles.

Au même moment, le magazine US, alors bimensuel, est devenu hebdomadaire.

«Ça a fait exploser le marché», ajoute-t-il.

Quelque 450 paparazzis

On estime à 450 le nombre de paparazzis dans la ville de Los Angeles. La plupart sont des amateurs attirés par l'argent rapide.

On compte six agences majeures qui emploient en moyenne 100 paparazzis.

«Il y a 10 ans, on comptait moins d'une dizaine de paparazzis dans la ville», indique Gary Morgan.

Sur le terrain, la situation est devenue ingérable en raison de la forte compétition.

En 2005, les accidents de voitures entre vedettes et paparazzis étaient fréquents. Lindsay Lohan, Scarlett Johansson et Reese Witherspoon ont toutes subi des accrochages.

Le gouverneur Schwarzenegger a tenté de limiter les dégâts en resserrant la loi «anti-paparazzis» déjà existante.

Mais deux ans plus tard, la situation sur le terrain ne s'est guère améliorée. Aujourd'hui encore, les filatures sont quotidiennes et certains paparazzis, hors la loi.

«Non, ça n'a rien changé, il y a plusieurs poursuites illégales. Ce sont les situations les plus dangereuses de la profession, c'est très perturbant», déplore Elliot Mintz, publicitaire de Paris Hilton et de plusieurs autres célébrités, dont Yoko Ono.

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