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Mort d'une starlette - Autopsie d'une tragédie humaine
Anna Nicole a aussi été l'une des premières vedettes à exploiter le potentiel de la téléréalité. ©AP

MORT D'UNE STARLETTE

Autopsie d'une tragédie humaine

Pascale Lévesque
Le Journal de Montréal
23-02-2007 | 09h39
Playmate plantureuse, femme de vieux milliardaire, vedette de téléréalité et abonnée des scandales, Anna Nicole Smith rassemblait à elle seule tous les clichés de la culture populaire.

Ce n'est pas une paire de beaux gros seins gonflés au silicone qui nous a quittés hier, mais une véritable icône du «gossip». Pour ceux qui ne le savent pas encore, Anna Nicole Smith, de son vrai nom Vickie Lynn Hogan, a été retrouvée morte dans sa chambre d'hôtel de Hollywood. Son mari, Howard K. Stern (rien à voir avec l'animateur de radio) était avec elle.

De mal en pis

Celle qu'on avait même déjà qualifiée de prochaine Marilyn Monroe à ses débuts comme playmate chez Playboy, en 1993, a été durement éprouvée dans la dernière année.

En septembre, trois jours après la naissance de sa fille Dannielynn, son fils de 20 ans, Daniel Smith, décédait soudainement. En pleine visite à l'hôpital à sa mère et à sa petite soeur !

Comme si ce n'était pas assez, son ex-copain, le journaliste Larry Birkhead, a exigé d'elle des tests d'ADN, clamant être le vrai père de Dannielynn.

Les frasques de Paris Hilton et de Britney Spears sont bien peu de chose à côté de toute l'encre qu'a fait couler Miss Anna. De la petite bière, vraiment. Bien avant elles, la célèbre playmate a su tirer profit de sa blondeur et de ses abus de pilules pour faire une folle d'elle.

Une petite pilule

Qui ne se rappelle pas de sa présentation aux American Music Award de 2004 où, suivant un discours sirupeux et incompréhensible, la pin-up avait spontanément levé les bras en criant «Vous aimez mon corps?». Les revues à potins parlaient d'abus de pilules, ses attachés de presse d'entraînements intensifs et elle... d'absence de verres de contact. N'arrivant pas à lire les pancartes, elle avait dû improviser! Une bonne recrue pour la LNI.

Anna Nicole a aussi été l'une des premières vedettes à exploiter le potentiel de la téléréalité. En 2002, elle lance The Anna Nicole Show sur la chaîne câblée E! Channel. C'est le succès instantané: le reality show est devenu l'émission la plus écoutée de la chaîne.

L'argent fait le bonheur

C'est cependant dans sa carrière de mariée à un «vieux qui pète au frette», et non pas dans celle de dépendante des pilules, qu'Anna Nicole a réussi le plus à s'accomplir.

Elle est âgée de 23 ans lorsqu'elle rencontre dans un club de striptease de Houston le milliardaire octogénaire J. Howard Marshall. Séduit par sa danse autour du poteau, le magna du pétrole la marie trois ans plus tard alors qu'il a 89 ans. Ils ont 63 ans d'écart.

Il meurt (oh! surprise!) un an plus tard, lui léguant (oh! scandale!), un fort joli montant. Enfin, ce n'est pas écrit sur le testament, mais elle assure qu'il le lui aurait promis.

L'héritage total du monsieur: 1,6 milliard à partager avec les fils Marshall. La bataille devant les tribunaux du Texas dure depuis plus de dix ans.

Faire le poids

La pin-up aura finalement réussi à toucher un demi-milliard de dollars et à se gagner une place au soleil pour l'éternité dans les tabloïds du monde entier. Comme quoi l'amour, même celui de l'argent, peut faire de grandes choses.

De grandes et de grosses... comme la nourrir. Avant d'accoucher, Anna a fait jaser d'elle pour sa soudaine perte de poids, faisant d'elle la championne pour passer du look hippopotame à celui de gazelle. De 2003 à 2004, elle a perdu 80 livres. Ce qui a fait d'elle la porte-étendard de TrimSpa, un miraculeux produit amaigrissant. Eh! oui, encore des pilules!

Elle laisse dans le deuil son enfant, son mari, ses implants de silicone (biodégradables?) et... les revues à potins. Ça reste quand même une tragédie humaine, à l'image de ce qu'aura été sa vie.

plevesque@journalmtl.com

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