Emmanuel Martinez
Agence QMI

«Je cherche une maison qui vous ressemble»: à la hauteur de Gérald Godin et Pauline Julien

«Je cherche une maison qui vous ressemble»: à la hauteur de Gérald Godin et Pauline Julien

PHOTO COURTOISIE/MARIE-ANDREE LEMIRE

Emmanuel Martinez

Poétique, touchante et éclectique, la pièce «Je cherche une maison qui vous ressemble» fait revivre avec brio le feu qui brûlait entre le poète-député Gérald Godin et la chanteuse Pauline Julien, tout en traduisant l'exaltation du Québec des années 1960-1970.

À la fois anthropologique et intimiste, cette production écrite par Marie-Christine Lê-Huu et mise en scène par Benoît Vermeulen nous transporte dans les recoins de leur amour et de leurs idéaux avec une variété d'approches: la chanson, la poésie, le théâtre, de la musique sur scène, des images, ainsi que des extraits d'archives vidéo et audio. Rythmé, le résultat est magique.

Celle qui a lancé ce projet, la comédienne Catherine Allard est sublime dans la peau de Pauline Julien. Ses nombreuses interprétations de chansons sont bouleversantes, même pour ceux qui ne connaissent pas cette grande chanteuse qui s'est suicidée en 1998 à l'âge de 70 ans. Ces mélodies s'imbriquent parfaitement dans le récit.

De son côté, Gabriel Robichaud incarne un Gérald Godin frondeur et charmeur qui prend des moyens inusités pour la séduire. Leur histoire d'amour est efficacement mise en scène par des extraits de leur correspondance publiée dans le livre «La renarde et le mal peigné».

Un spectacle politique

Présentée dans la petite salle Fred-Barry du Théâtre Denise-Pelletier, «Je cherche une maison qui vous ressemble» dépasse la simple histoire intime de ces deux figures marquantes de la culture québécoise. Parler d'eux sans aborder leur rêve de voir le Québec devenir un pays serait sacrilège. Il s'agit donc aussi d'un spectacle politique.

Des extraits vidéo, comme Gérald Godin qui récite son «Énumération» à la nuit de la poésie en 1970, nous transportent littéralement au coeur de leur lutte pour l'indépendance.

Mais la pièce va encore plus loin. Catherine Allard et Gabriel Robichaud se détachent de leur personnage pour redevenir sur scène de simples comédiens qui parlent de la production sur laquelle ils travaillent. Bien que parfois un peu maladroit, ce procédé fonctionne et permet de faire le lien entre un passé marqué par des idéaux inachevés et un présent en quête de sens.

Pour ceux et celles qui ont moins de 50 ans, cette oeuvre constituera assurément la découverte d'un autre univers, tandis que les plus âgés se replongeront avec nostalgie dans une époque révolue grâce à un heureux mélange d'amour, d'art et d'histoire.

Jusqu'au 29 septembre à la salle Fred-Barry du Théâtre Denise-Pelletier.



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