Nadia Lemieux
Agence QMI

Le Monastère: du cirque à l'état brut

Le Monastère: du cirque à l'état brut

Les acrobates Rosalie Beauchamp et Guillaume Blais, fondateurs du cabaret le Monastère. COURTOISIE/CAROLINE THIBAULT

Nadia Lemieux

Deux acrobates québécois veulent rendre l'art du cirque plus accessible au grand public, par l'entremise d'un organisme dont la mission est de présenter les artistes à «l'état brut».

Forts d'une expérience de plus de 10 ans sur les scènes internationales, les artistes de cirque professionnels Rosalie Beauchamp et Guillaume Blais en sont venus au même constat: il est difficile de travailler dans le domaine au Québec.

«Quand on est [à Montréal], on s'entraine, mais on ne travaille pas, a expliqué Mme Beauchamp, qui a créé son propre appareil aérien et développé le duo Azelle. Même quand on travaille pour des compagnies québécoises super connues comme le Cirque du Soleil, on va faire un mois ici et, après, on part.»

Par conséquent, le cirque demeure méconnu du public québécois. «On a tout le talent qui dort à Montréal et au Québec, et personne ne le sait. On a tous ces artistes qui ont gagné des compétitions et des médailles et qui ont travaillé pour les plus grandes compagnies au monde», a souligné M. Blais.

Cabaret

C'est pour répondre à ces deux problèmes que les deux artistes ont fondé l'an dernier le cabaret Monastère. L'organisme vise, d'une part, à offrir au public une nouvelle façon d'apprécier le cirque et, d'autre part, à donner aux artistes la possibilité de présenter leurs numéros personnels à «l'état brut».

«On a passé des années à s'entrainer pour monter un numéro généralement. C'est un fruit qu'on cultive pendant des années et qu'on doit changer en arrivant dans une compagnie, donc c'est vraiment un plaisir de pouvoir montrer ce qu'on a créé», a mentionné Guillaume Blais, qui a, entre autres, travaillé pour le Cirque du Soleil sur Broadway.

«On crée des oeuvres d'art, donc c'est pour ça qu'on veut les présenter comme ça», a renchéri Rosalie Beauchamp.

Les cabarets de cirque sont déjà bien implantés dans certains pays, comme l'Allemagne, où des spectacles de cirque permanents affichent complet à longueur d'année dans de petites villes.

«Le marché du grand public n'a pas vraiment été exploité au Québec. Les gens qui connaissent le cirque, c'est souvent le même monde: un public plus averti artistiquement qui a plus de moyens, mais on veut aller chercher une autre niche», a analysé Mme Beauchamp.

Premier spectacle au Théâtre Plaza

Le Monastère présentera son premier cabaret de l'année le 24 mai prochain, au Théâtre Plaza. Dix artistes de disciplines variées se produiront sur la scène devant 250 personnes, dans une ambiance de bar.

Les spectateurs pourront apprécier de près le talent des artistes puisque le Monastère mise sur la proximité avec le public. «Tu es vraiment proche. Souvent, on entend la respiration et on voit comment tous les muscles travaillent», a expliqué M. Blais.



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