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La vente finalement annulée ?

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Photo courtoisie, Musée des beaux-arts du Canada

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OTTAWA - La controversée vente aux enchères d'un tableau de Marc Chagall pourrait finalement ne jamais avoir lieu.

À l'issue d'une réunion du conseil d'administration du Musée des beaux-arts du Canada (MBAC) tenue mercredi, la décision aurait été prise de revenir sur la vente de «La tour Eiffel» de Chagall, a rapporté jeudi le journal «Globe and Mail». La séance aurait été particulièrement houleuse.

Encore au début de la semaine, le conseil d'administration assurait que la vente aurait lieu comme prévu le 15 mai prochain chez Christie's, à New York.

Plusieurs sources auraient confié au «Globe» que le MBAC s'inquiétait notamment des effets de cette vente sur sa réputation.

Le tableau de Chagall a été acquis par le Musée des beaux-arts du Canada en 1956. Il a une valeur estimée de 6 à 9 millions $ US et plusieurs estiment qu'il pourrait trouver preneur pour beaucoup plus en raison de la cote actuelle du peintre à l'international.

Ni Patrimoine canadien, ni le Musée des beaux-arts du Canada n'ont réagi jeudi à la nouvelle.

Rappelons que le directeur général du musée, Marc Mayer, a annoncé, plus tôt ce mois-ci, que son institution voulait acquérir le tableau «Saint Jérôme entendant les trompettes du Jugement dernier», réalisé à la fin des années 1770 par le peintre français Jacques-Louis David, avec les profits de la vente du Chagall.

Depuis, les critiques fusent de toutes parts.

À Québec, la ministre de la Culture est même intervenue pour protéger le tableau de David, acquiesçant ainsi à la demande du Musée de la civilisation de Québec et le Musée des beaux-arts de Montréal d'émettre un avis d'intention de classement pour le tableau.

Avec la collaboration de Michel Bellemare

Le retrait de «La tour Eiffel» de la vente de Christie's ne coûterait pas une fortune au Musée des beaux-arts du Canada

Michel Bellemare

MONTRÉAL - Advenant le cas où le Musée des beaux-arts du Canada retire son tableau «La tour Eiffel» de la vente de la maison Christie's à New York le 15 mai, la pénalité à payer pourrait être relativement peu élevée, ou moins élevée que ce qui a été avancé jusqu'à maintenant.

La pratique chez certaines maisons de vente aux enchères est de réclamer une pénalité de 20 % du montant supérieur de l'évaluation. Dans le cas présent, avec une évaluation prévente de 6 à 9 millions $ US, la pénalité représenterait une somme de 1,8 million $ US.

Mais, il semble que dans les hautes sphères du marché, lorsqu'il est question d'oeuvres de cette valeur et de bons clients - un musée comme celui d'Ottawa pouvant être considéré comme un client privilégié -, les frais d'annulation chutent drastiquement.

Trois experts consultés par l'Agence QMI s'entendent pour dire que le Musée des beaux-arts du Canada pourrait n'avoir à rembourser que les frais de mise en vente du tableau, ceux associés à son transport entre différents pays où il a été montré à des acheteurs potentiels, aux assurances, au dédouanement ou au catalogue.

L'expert et consultant en art, Alain Lacoursière, est d'avis que, pour les tableaux de cette valeur, il peut n'y avoir aucun frais d'annulation, ou alors on ne parle que du remboursement des frais accessoires. «Les grandes maisons de vente aux enchères sont très, très délicates avec les bons clients.»

Un autre consultant en art joint par l'Agence QMI, Stéphane Cauchies, qui oeuvre entre Montréal et Bruxelles, va dans le même sens, ajoutant que «ce ne sont que des broutilles par rapport à l'incidence que ça a sur la réputation du Canada en matière de protection d'oeuvres d'art».

L'avocate française de renommée internationale, Corinne Hershkovitch, spécialisée dans le marché de l'art, les biens culturels et le patrimoine, sans se prononcer sur un montant de pénalité précis, puisque chaque contrat est négocié à la pièce, a quand même donné une idée de ce dont il pourrait être question. Serait-ce 5000 $, 50 000 $? lui a-t-on demandé au téléphone. «C'est quelque chose entre les deux, [...] ou peut-être pas, c'est à Ottawa d'être diligent dans sa négociation», a répondu l'experte.

Contactée à ce sujet, la maison Christie's a indiqué qu'elle ne commenterait «aucune spéculation de ce genre».



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