Raphaël Gendron-Martin
Journal de Montréal

Le Cirque du Soleil se lance dans une nouvelle aventure sur glace

Le Cirque du Soleil se lance dans une nouvelle aventure sur glace

Photo Agence QMI, Dario Ayala

Raphaël Gendron-Martin

Le Cirque du Soleil se lance dans une nouvelle aventure sur glace avec Crystal, dont la première montréalaise avait lieu mercredi au Centre Bell. Même s'il renferme plusieurs tableaux spectaculaires, dont un inspiré par le hockey, et d'autres numéros plus touchants, le 42e spectacle de la compagnie québécoise manque un peu de chaleur par moments.

L'avantage de la glace

On a fait grand cas de cette première expérience du Cirque sur glace. Et pour cause. En plus de 30 ans d'existence, la compagnie n'avait jamais touché à cette surface. Ce nouvel environnement permet aux concepteurs d'utiliser de spectaculaires projections sur l'immense surface d'une longueur de 200 pieds.

Lors de la première partie du spectacle, c'est l'aspect visuel de la glace qui vole la vedette dans les premiers tableaux, qui peuvent rappeler l'univers coloré de Toruk.

La surface glacée permet une rapidité impressionnante dans les déplacements. Même les changements de décor se font à la vitesse de l'éclair.

Dans Crystal, les acrobaties ne se limitent pas à la glace et au patin. Plusieurs artistes sur le spectacle portent des souliers à crampons. Les acrobaties sont ainsi variées.

Pour un tel baptême, le Cirque marque plusieurs points, mais échappe aussi quelques autres aspects.

Les bons coups de Crystal

Dans la première partie du spectacle, deux tableaux se démarquent des autres. Sur l'air de Chandelier, reprise par Ariane Moffatt, on a droit à un numéro saisissant de trapèze en patins (!). De la haute voltige.

Et tout de suite après, le public assiste à un intense numéro de patin extrême, inspiré du hockey et dans un environnement de machine à boules. Dans ce cas-ci, on ne peut que songer au numéro final de Volta, avec les BMX. Le Cirque a fait un très beau clin d'oeil au public montréalais, lors de ce tableau, avec Crystal qui est arrivée sur scène affublée d'un chandail du Canadien. L'équipe de Crystal devrait assurément reprendre cette idée lorsqu'elle visitera d'autres villes qui ont une équipe de la LNH.

En plus de Moffatt, la trame sonore comprend deux autres voix québécoises. Betty Bonifassi reprend Sinnerman, de Nina Simone, alors que Gabrielle Shonk refait Halo, de Beyoncé. Dans les deux cas, les numéros - l'un spectaculaire et l'autre sensuel - représentent des moments très forts.

Les bémols

Crystal est un spectacle malheureusement inégal qui souffre un peu de trouble de la personnalité. Plusieurs numéros de la première partie manquent cruellement d'envergure, comme celui des deux jongleurs. Lorsqu'on se trouve dans les gradins, loin de l'action, on peine à se sentir sur le bout de notre siège en regardant des numéros qui sont rarement à couper le souffle.

L'énorme surface glacée rend la connexion difficile avec les personnages. L'interprète de Crystal a beau être habile, on se demande franchement où s'en va son histoire, alors qu'elle est perdue dans un autre monde à la recherche d'elle-même. Le résultat manque un peu de chaleur et d'âme. Dans la première partie, une chance que l'hilarant clown était là pour mettre un peu de vie !

LE VERDICT

Le Cirque du Soleil souhaitait se réinventer avec Crystal et sa première aventure sur glace. L'objectif a été en partie atteint. Mis à part quelques faiblesses en début de spectacle, cette nouvelle création renferme d'époustouflants tableaux qui sont appuyés par une efficace trame sonore. Reste maintenant à voir si le public embarquera dans cette nouvelle aventure.



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